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Les techniques de remédiation de l’industrie pétrolière remises en cause

Equateur / / Amérique du sud

Condamné à payer 9 milliards de dollars d’amende pour pollution des sols et de l’eau, le pétrolier américain Chevron a fait appel de la sentence, estimant avoir accompli les travaux qui lui incombaient. Les experts signalent pourtant des fuites massives de pétrole provenant des bassins désaffectés.

Pétrole et forêt amazonienne ne font jamais bon ménage. © Carl Durocher

Le travail d’un pollueur “Chevron-né”

Pour les habitants de la forêt amazonienne où a opéré Texaco (entreprise rachetée par Chevron en 2001), l’inefficacité des techniques employées pour dépolluer les sols ne fait aucun doute. Bouchés à la va-vite à l’aide de branches, de pneus et de déchets divers, les bassins ayant servi à stocker les boues de forage, dont certains atteignent la taille d’un terrain de football, libèrent d’importantes quantités de composés toxiques qui empoisonnent leurs rivières.

Devant l’étendue des dommages environnementaux et sanitaires, les plaignants, regroupés en assemblée, ont décidé de faire appel eux aussi de la décision du juge équatorien, estimant insuffisantes les indemnités proposées.

Mensonges et cachoteries

L’ONG du Front de défense de l’Amazonie, composée d’autochtones et de paysans, a pu constater qu’il suffisait de creuser à un mètre de profondeur pour retrouver les boues toxiques. Des enquêtes menées par la justice et par des experts ont également révélé l’existence d’au moins 956 bassins, alors que Texaco a déclaré n’en avoir construit que 326 au cours des 26 années pendant lesquelles l’entreprise a opéré dans la région.

Pire encore, ces “bassins cachés” n’ont été revêtus d’aucun matériau protecteur, et les hydrocarbures ont filtré directement à travers le sol en direction des cours d’eau. La plupart des bassins comportent des ‘cous de cygne’, des canalisations plongeant sous les boues de forage, censées permettre l’écoulement du trop plein d’eau en cas d’augmentation du niveau des liquides entreposés lorsqu’il pleut. La théorie voulait en effet que le pétrole flotte au-dessus de l’eau rejetée, sans que celle-ci soit polluée.

Malheureusement, les cous de cygne n’ont servi qu’à disperser un peu plus les polluants, et les populations indigènes se retrouvent aujourd’hui privées d’eau pour boire, cuisiner et se laver : un comble lorsque l’on habite au beau milieu d’une forêt tropicale humide.

Un nettoyage long et difficile

Passé aux mains de l’état équatorien en 1992, le site de Texaco est aujourd’hui nettoyé par Petroecuador, un groupe pétrolier public. De l’eau sous haute pression est projetée contre le fonds des rivières, afin de décoller des plaques noires visqueuses, qui sont ensuite déposées dans des réservoirs métalliques.

Nous nous occupons de ce que Texaco affirme avoir nettoyé

, ironisent les travailleurs chargés de la dépollution des cours d’eau. Ces travaux ponctuels restent cependant insuffisants, au vu de l’immensité des zones contaminées.

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