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Divisions autour de l’après-Kyoto à Bangkok

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L’achat de droits d’émissions de CO2 aux pays pauvres compromet-il une véritable réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les pays riches ? C’est l’opinion que partagent une partie des nations latino-américaines, qui remettent en cause le système de marché du carbone. La perspective d’un nouvel accord contraignant semble toujours incertaine.

A Bangkok, les pays d'Amérique latine n'ont pas su s'accorder sur le "droit à polluer" des pays industrialisés. ©Alter (Wikimédia Commons)

Permis de polluer

La division des pays latino-américains au cours de cette réunion reflète les différences idéologiques du continent en politique internationale

, affirme le chef de la délégation péruvienne, Eduardo Durand.

Ce dernier estime que le Chili, l’Uruguay, la Colombie, le Guatemala et le Costa Rica partagent le point de vue de son pays en matière de lutte contre le réchauffement climatique, tandis que d’autres se rallient aux idées de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples d’Amérique (ALBA), formée par le Venezuela, Cuba, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua, la Dominique, Antigua-et-Barbuda, et Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

Nous sommes d’accord uniquement en ce qui concerne notre vulnérabilité face au réchauffement planétaire

, explique le délégué péruvien.

L’ALBA considère en effet que les mécanismes de compensation autorisant les pays industrialisés à acheter des droits d’émissions de dioxyde de carbone ne sont ni plus ni moins qu’une “escroquerie”, puisqu’ils permettent finalement aux industries les plus polluantes de continuer à fonctionner.

Nous ne permettrons pas que les pays développés continuent de masquer la réalité, en profitant des marchés du carbone

, déclaré Claudia Salerno, chef de la délégation vénézuélienne et porte-parole de l’ALBA à la conférence de Bangkok.

Les pays développés sont les responsables historiques du réchauffement planétaire.

Qui doit montrer l’exemple ?

Si l’Argentine partage parfois le point de vue des pays de l’ALBA, le Mexique et le Brésil défendent de leur côté des positions moins radicales. Tous regrettent en revanche l’attitude de plusieurs pays, dont les États-Unis, qui rechignent toujours à prendre des engagements clairs et contraignants et font craindre qu’il soit impossible de parvenir à un accord qui pourrait remplacer le Protocole de Kyoto, lorsque celui-ci expirera en 2012.

Les pays en voie de développement demandent aux nations industrialisées de montrer l’exemple en réduisant de manière sensible leurs émissions de CO2, ce à quoi se refusent toujours les États-Unis. Les Américains exigent que la Chine soit considérée comme un pays développé, faute de quoi ils n’envisagent même pas une extension du Protocole de Kyoto.

Rappelons que la Chine et les États-Unis émettent à eux deux la moitié des gaz à effet de serre de la planète, et qu’il est vain d’espérer agir de manière efficace sans leur collaboration.

De son côté l’Union Européenne s’est déjà engagée à réduire de 20% ses émissions par rapport au niveau de 1990 d’ici 2020, et pourrait les réduire de 30% si d’autres pays la soutiennent dans son effort.

Pour les experts, seule une réduction des émissions comprise entre 25 et 40% permettra d’éviter une élévation excessive des températures, dont les conséquences seraient catastrophiques. On reste encore loin du compte, et le sommet de Durban prévu pour le mois de décembre risque de marquer la fin des seuls accords contraignants actuels, sans qu’aucune nouvelle mesure ne vienne prendre la relève.

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