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Les bactéries de l’Antarctique digèrent le pétrole

Argentine / / Amérique du sud

Les scientifiques argentins font désormais figure de leaders dans le domaine des biotechnologies en Amérique Latine, grâce notamment aux travaux de bioremédiation des sols menés par l’Institut Antarctique Argentin (IAA).

L'Antarctique, un continent hostile sauf pour la bactérie mangeuse de pétrole. © Elaine Hood (Wikimédia Commons)

Découverte au bout du monde

C’est au bout du monde, dans les eaux glaciales de l’Antarctique, que les chercheurs de l’IAA ont réussi à isoler une bactérie encore inconnue, capable de dégrader les hydrocarbures. Après avoir étudié et décrit plus de 300 souches prélevées dans différentes zones géographiques du continent blanc, les membres de l’IAA ont procédé au séquençage complet du génome de l’une d’entre elle, baptisée Bizionia Argentinensis. C’est la première fois que de tels travaux ont lieu en Argentine. Comme l’explique Walter Mac Cormack, directeur du département de microbiologie de l’IAA:

La bioremédiation consiste à ‘réhabiliter’ ou ‘guérir’ des sols pollués par des carburants, en ayant recours à des micro-organismes qui les ‘digèrent’ ou les ‘métabolisent’

L’IAA, organisme expert de l’Antarctique

Créé en 1951 par le président Juan Domingo Perón, l’IAA fête cette année ses 60 ans. Il fut le premier organisme de recherche au monde à se consacrer exclusivement à l’Antarctique et a permis des avancées significatives dans le domaine des biotechnologies.

Au cours des 20 dernières années, le département de microbiologie de l’IAA a concentré ses recherches sur la dégradation biologique des hydrocarbures en zone antarctique et a réussi à isoler de nombreuses souches de bactéries autochtones psychrophiles : des organismes capables de travailler à des températures extrêmement basses, en utilisant divers types d’hydrocarbures comme unique source d’énergie.

Solution propre et 100% bio contre le pétrole

Les recherches du groupe d’experts dirigé par Walter Mac Cormack portent sur deux stratégies de bioremédiation : la ‘biostimulation’ et la ‘bioaugmentation’. La première consiste à faciliter l’activité des bactéries présentes dans le sol grâce à l’apport de nutriments, tandis que la seconde cherche à augmenter le nombre de bactéries ‘invitées’ collaborant avec les bactéries autochtones.

Des essais réalisés pendant l’été austral ont montré que ces bactéries étaient capables d’éliminer jusqu’à 80% du combustible dispersé en moins de trois mois.

Le continent blanc reste à l’heure actuelle la zone la mieux préservée de la planète au niveau environnemental : ces nouveaux procédés permettraient de faire face à une marée noire en limitant l’utilisation de produits chimiques (les agents dispersants par exemple), dont l’impact sur l’environnement reste important.

En Antarctique, les traités internationaux interdisent le recours à des organismes exogènes, c’est pourquoi toutes les bactéries utilisées sont autochtones.

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