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Un projet qui met de l’eau dans le gaz

/ Europe

Propres, les gaz de schiste ? Pas pour José Bové, qui a fait du sujet son nouveau cheval de bataille. « C’est une question qui concerne notre politique énergétique commune au niveau européen, rappelle le parlementaire à Bruxelles. Car dans le cadre du nouveau Plan Climat, nous devons atteindre un objectif de 30% de réductions de nos émissions de carbone. Or, ceci est incompatible avec le développement des gaz de schiste, dont l’extraction est très polluante. »

Les écologistes suédois montent au front

En Suède, qui détiendrait avec la Pologne l’une des plus grosses réserves d’Europe, le développement des gaz de schiste a également permis au Parti vert de monter au front. Actuellement, deux plans d’extractions sont en cours dans le sud du pays, à Skåne et Östergötland. Ils mobilisent contre eux une partie de la population, effrayée par les conséquences sur l’environnement. « L’opinion est contre les gaz de schiste, à cause des émissions de CO2 que cela va générer, mais aussi car elle a peur des risques locaux sur l’environnement et la santé, explique Lise Nordin, responsable des questions énergétiques au Parti vert suédois. »

« Plus largement, le développement des gaz de schiste retarde la transition de notre pays vers les sources d’énergie alternatives. Il n’y a pas besoin de se lancer dans l’extraction de ce type d’énergie, polluante et passée de mode. La Suède a plus d’intérêt à se concentrer sur de vraies sources d’énergie verte, comme les bio-gaz. » Le parti de Lise Nordin a d’ailleurs déposé une proposition de loi pour interdire les gaz de schiste dans le pays et pour donner aux municipalités un droit de veto, proposition de loi qui devrait être débattue et votée à la fin du mois d’avril.

Le gaz de schiste : un défi  pour la politique énergétique commune

« L’expérience des États-Unis, qui a relevé des incidents liés au gaz de schiste, montre que nous avons, dans tous les cas, à prendre très au sérieux les aspects environnementaux de l’exploitation du gaz de schiste, » accorde Marlene Holzner. « C’est aussi dans l’intérêt de l’industrie de donner des réponses crédibles pour emporter l’adhésion des populations. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est qu’en Europe nous en sommes encore à la phase exploratrice, et très loin d’une production à usage commercial. »

Face au lobby très puissant des compagnies pétrolières et gazières (Exon Mobil Corporation, Shell, Gazprom etc…), en course vers ce nouvel or blanc,  l’Europe balance. Très dépendante de l’Afrique du Nord et de la Russie pour couvrir ses besoins en gaz naturel, l’UE va pourtant devoir répondre aux inquiétudes légitimes des peuples, et aux exigences de développement d’énergie verte qu’elle s’est fixée. En clair, c’est le moment idéal pour tester la résistance de la politique énergétique commune…

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