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Le biogaz, l’énergie des crottes de chien!

Argentine / / Amérique du sud

Utiliser les déjections canines pour fabriquer du méthane? C’est l’idée un peu folle d’ingénieurs en thermodynamique de deux universités argentines, qui ont produit des quantités importantes de biogaz à partir d’une matière première (trop) facile à trouver.

La pollution biologique transformée en énergie

C’est dans le cadre d’un projet de recherche baptisé ‘La pollution urbaine due aux excréments canins‘ que la ville de Buenos Aires a été choisie par les scientifiques pour mener à bien une expérience plutôt originale.

Celle-ci a eu lieu au laboratoire d’essais du Groupe de Recherche des Énergies Renouvelables (GIDER), qui s’intéresse à la production de biogaz depuis près de dix ans et travaille sous la tutelle de l’Université Nationale du Nord-Est (UNNE).

Quand les déjections mettent les gaz

Un biodigesteur (une cuve en plastique étanche) a été rempli de crottes de chiens et d’eau, avant d’être chauffé grâce à un serpentin où circule de l’eau chaude. Ces conditions spécifiques favorisent le développement de bactéries anaérobies (n’utilisant pas d’oxygène) qui vont entraîner la décomposition du mélange et la libération de méthane, plusieurs jours durant.

Pablo Martina, ingénieur au GIDER, explique qu’il s’agit d’un processus physico-chimique complexe dont l’efficacité dépend de nombreux facteurs comme la température, le Ph ou le type de matière organique utilisée (viande, fumier, urine, résidus végétaux, etc.).

Un bon rapport qualité/prix

Le gaz naturel obtenu peut être utilisé pour le chauffage, la cuisson d’aliments ou la production d’électricité. Les déjections canines semblent être une source de combustible intéressante, avec un rendement de 55,58 grammes de méthane par kilo d’excréments.

Cette valeur est considérée satisfaisante, puisque la matière première (les crottes de chien) est abondante et gratuite,

, signale le chercheur. Une expérience qui ouvre la porte à d’autres essais, de plus grande envergure.

Transformer un problème en atout

La ville de Buenos Aires, avec 1 chien pour 7,4 habitants (alors que l’OMS préconise une valeur maximale de 1 pour 10 habitants) offre un fort potentiel pour ce type d’initiative, qui permettrait au passage de s’attaquer à un problème de santé publique.

La capitale argentine compte en effet très peu d’espaces verts, où les déjections canines ont tendance à se concentrer. Les enfants en bas-âge constituent la population la plus vulnérable aux pathologies véhiculées par les excréments, en raison du temps qu’ils passent à jouer à l’air libre et de leur proche contact avec le sol.

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