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Green et vert

Gasland (2011)

USA / / Amérique du nord

Le gaz de schiste fait la Une de l’actualité en France, avec l’annonce récente d’un moratoire par le ministère de l’environnement. Ce que l’on sait moins, c’est que ce type d’exploitation existe depuis 2005 aux USA, sur la décision de George W. Bush. Et que cette décision s’est avérée désastreuse pour les populations vivant à côté des forages, soudain victimes de curieux maux.

Synopsis : Tout commence par une simple lettre : en 2009, le metteur en scène Josh Fox reçoit une lettre d’une compagnie gazière lui proposant 100.000$ contre la cession de son jardin pour y faire des prospections. Très vite, il se doute de quelque chose, et part se renseigner sur l’exploitation du gaz de schiste aux États-Unis. Ce qui aboutit à démontrer la dangerosité de ces exploitations : gaspillage d’eau (28 millions de litres par fracturation hydraulique), usage de matières toxiques, pollution des nappes phréatiques et de l’atmosphère, violation flagrante des lois sur l’environnement, corruption des agences et des politiques… Les compagnies gazières ne reculent devant rien pour exploiter cette ressource, au prix d’un désastre comparable à Tchernobyl. Il faut dire que les symptômes sont proches : perte de poils, altération des sens, tumeurs et cancers… Une industrie qui offre de l’emploi, mais qui met en danger toute la population, même éloignée des gisements.

Commentaire : Voilà un film qui va donner raison aux opposants au gaz de schiste. Surtout que les entreprises impliquées, à commencer par la tristement célèbre Halliburton, n’ont pas fait grand-chose dans ce film pour prouver le contraire à Josh Fox. Le générique les mentionne d’ailleurs dans la liste des personnes n’ayant pas voulu accorder une interview. Heureusement, les habitants proches des exploitations sont prêts à dévoiler quelques révélations souvent inquiétantes: des maladies qu’ils ont développé à l’odeur sortant du puits de gaz, ou encore des images-choc, sans trucage, comme l’eau courante qui prend feu au contact de la flamme d’un briquet. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a de l’eau dans le gaz (ou plutôt l’inverse) entre les habitants des terrains exploités et les exploitants du gaz de schiste.

Le plus incroyable est le temps qu’il a fallu pour se rendre compte des dégâts provoqués par les forages. Ils existent depuis 2005, et sont officiellement dispensés de respecter les lois de protection de l’environnement comme le Clean Air Act ou le Safe Drinking Water Act. Enfin, heureusement que Josh Fox était là : le film a déjà remporté le prix spécial du jury du festival de Sundance et a obtenu un immense succès critique de la part de toute la presse américaine. Le film a été projeté dans de nombreuses écoles et universités du pays et même au Congrès à Washington et à l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA). Il faut donc espérer que le message commence à passer. Le film lui-même se termine sur une note d’optimisme : un plan sur les champs d’éoliennes américains, une solution qui ne semble pas si coûteuse quand on voit le prix payé par les personnes résidant à côté des forages.

Pour en savoir plus:

gaslandthemovie.com


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