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L’endosulfan définitivement interdit?

Inde / / Asie

Cet insecticide aux graves conséquences sur la santé humaine est encore largement utilisé en Inde. Mais lors de la récente conférence de Genève, le gouvernement s’est enfin résolu à en interdire l’utilisation. Conséquence, une terrible guerre des mots entre les politiques…

La disparition programmée de l’endosulfan

Fin avril, la cinquième réunion de la conférence des parties à la convention de Stockholm s’est déroulée à Genève. Victoire pour les environnementalistes du monde entier : l’endosulfan a été ajouté à “l’annexe A” de la convention. Cela signifie que la production, la distribution et l’utilisation de cet insecticide extrêmement dangereux vont être interdites au niveau mondial. Jusque là, la Chine, l’Ouganda mais surtout l’Inde s’opposaient à ce changement. Les trois pays ont certes obtenu des exceptions pour certains insectes et certaines cultures. Mais le pesticide devrait disparaître, dans le pire des cas, dans 11 ans (voir l’article élogieux du gouvernement qui est fait dans Down To Earth).

Quand volent les noms d’oiseaux

C’est ce délai de 11 ans qui a occasionné une guerre des mots très virulente dans la classe politique indienne. Le gouverneur de l’état du Kerala, V. S. Achuthanandan, a accusé Jairam Ramesh, ministre de l’environnement, d’être “un hypocrite, un menteur et … un assassin“. La charge est sévère. Les motivations politiques aussi. Achuthanandan est en effet à la tête de l’état le plus concerné par la tragédie de l’endosulfan. Malformations, fausses couches, maladies respiratoires… la liste est longue des conséquences de l’utilisation massive du produit. Alors le gouverneur a accusé l’administration centrale de n’être pas authentiquement opposée à l’élimination de l’endosulfan, d’être à la merci des lobbies de l’industrie chimique, etc… et le ministre d’être donc indirectement un assassin.

La tragédie indienne de l’endosulfan

La réponse de l’intéressé a été du même ordre:

Achuthanandan et compagnie ont adopté une position plus royaliste que le roi. Moi je leur demande, où étaient-ils lors de l’incident de Kasargod ? Ou plutôt pour être plus exact, où étaient-ils lors du génocide contre leurs propres administrés perpétré à Kasargod ?

Ce à quoi Ramesh faisait référence, c’est l’épandage aérien d’endosulfan, par une société d’état du Kerala, sur 4.000 hectares de plantations d’anacardiers (arbre de la noix de cajou). Cette pratique qui a duré des années a fait des centaines de victimes avérées.

Ce qui s’est passé à Kasargod, c’est une véritable tragédie. Les responsables de cette tragédie devront être mis devant leurs responsabilités. Le gouvernement du Kerala ne parle jamais de ce génocide sur sa population, il préfère passer son temps à me traiter d’assassin. C’est d’une grande hypocrisie.

L’Inde débarrassée avant 11 ans ?

Outre ses réponses acérées, Ramesh s’est aussi défendu d’être de collusion avec les chimistes producteurs de l’endosulfan. Selon lui, le seuil de 11 ans obtenu à Genève pour l’élimination de l’endosulfan est une limite haute.

Pour plusieurs types de cultures et d’insectes nuisibles, nous n’avons pas aujourd’hui d’alternative économique à l’endosulfan. Dans le pire des cas, le produit sera remplacé dans 11 ans. Mais je fais confiance à la recherche scientifique pour trouver rapidement une alternative accessible pour nos agriculteurs, et j’espère que l’endosulfan sera banni bien avant 2022.

Espérons pour les populations rurales indiennes qu’il ne se trompe pas…

Voir aussi: L’endosulfan, pesticide des pauvres, bientôt interdit ?

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