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Un pays submergé par ses déchets solides

Brésil / / Amérique du sud

En 2010, le Brésil a produit 61 millions de tonnes de résidus solides urbains. Soit 7% de plus qu’en 2009 et six fois plus que la croissance de la population. De tous ces résidus, près de 6,5 millions de tonnes sont partis dans les fleuves. 42%, soit 23 millions de tonnes ont été déposés dans des poubelles à ciel ouvert et ne sont pas traités correctement. Ces conclusions font partie de l’étude Panorama des Résidus Solides divulguée par l’Abrelpe (Association Brésilienne des Entreprises de Nettoyage public des Résidus Spéciaux).

Le recyclage des déchets est loin d'être la norme au Brésil. Un important programme politique doit y répondre. © Fernando Araújo

Recyclage inexistant ou inefficace

Ce même rapport démontre que nous sommes très loin d’une consommation consciente dans le pays. L’an dernier, la moyenne de déchets générés par habitant a été de 378 kg, soit 5% de plus qu’en 2009.

Pourquoi s’enorgueillir d’être d’un côté les champions du monde du recyclage de canettes d’aluminium, alors que de l’autre côté, des matériaux comme le papier, le carton, le verre, le polystyrène, les bouteilles en plastique PET, les sacs plastiques ne sont tout simplement pas recyclés, par manque de travail de collecte. Les poubelles domestiques sont composées d’au moins 30% de matériaux recyclables, mais à peine 1% est effectivement récupéré par le tri et le ramassage collectifs.

Les motifs sont multiples: absence de politique publique d’incitation à la collecte et au recyclage et d’éducation environnementale de la population; une initiative privée qui ne s’engage pas à traiter les déchets, un citoyen qui gâche, ne réutilise pas, ne recycle pas et en plus, jette ses déchets dans les rues, les fleuves, la mer, etc…

Les premières décisions politiques

La Politique Nationale des Résidus Solides (PNRS), mise en place en 2010 et qui établit le principe de responsabilité partagée, laisse quelques espoirs. Elle responsabilise toute la chaine de valeur, des fabricants aux distributeurs en passant par les consommateurs. Mais il faudra aller vers des mesures plus drastiques et notamment faire payer ce qui aujourd’hui est gratuit, ainsi qu’augmenter le prix de ce qui est bon marché.

Il faut que les pouvoirs publics valorisent plus ce qui est recyclé aujourd’hui. Si c’était le cas, le recyclage de plastiques, papiers, verre, polystyrène, entre autres, serait supérieur et ces matériaux seraient réintroduits dans la chaine de production.

Une solution technique ?

Dans les prochains jours, un accord sera signé par l’APAS (Association Pauliste de Supermarchés) et le Gouvernement, prévoyant une campagne de 6 mois pour éveiller la conscience des consommateurs sur le problème des sacs plastiques. Après ces 6 mois, les sacs traditionnels seront remplacés par des sacs faits à base d’amidon, qui se décomposent en un maximum de 180 jours, et seront vendus à leur prix de revient (0,10 euro l’unité).

Qui sait si ce genre d’initiatives peut faire bouger les consciences, et ainsi améliorer les chiffres du Panorama des Résidus Solides en 2012 ?

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