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Des champignons protecteurs pour remplacer les pesticides

Mexique / / Amérique du nord

Les nouvelles techniques de biocontrôle gagnent en efficacité et commencent à intéresser les agriculteurs. Des chercheurs mexicains ont démontré l’efficacité d’un champignon filamenteux pour lutter contre les micro-organismes s’attaquant aux plants de tomate et de piments.

Le champignon Trichoderma constitue une alternative prometteuse aux produits phytosanitaires classiques. © U.S. Federal Government

Un produit phytosanitaire vivant

Coûteux, néfastes pour l’environnement et surtout dangereux pour la santé humaine, les produits phytosanitaires sont pourtant utilisés partout sur la planète, afin de garantir la productivité d’un système agricole de plus en plus souvent remis en question.

Encouragés par l’intérêt croissant des consommateurs pour des produits alimentaires exempts de tout produit toxique et dont la production occasionne un impact minimal sur l’environnement, les scientifiques s’efforcent désormais de trouver des alternatives naturelles aux pesticides chimiques.

C’est le domaine du biocontrôle, qui désigne l’utilisation d’organismes vivants pour lutter contre les maladies ou les parasites qui attaquent les cultures. Les candidats à ces nouvelles méthodes de protection peuvent être par exemple des insectes, des virus ou des champignons.

Petit champignon, grands effets

Ce sont ces derniers, et plus particulièrement une espèce de champignon filamenteux portant le nom de Trichoderma, auxquels se sont intéressés les chercheurs de l’Institut de recherches scientifiques et techniques de Potosi (IPICyT), en collaboration avec le Laboratoire national de génomique pour la biodiversité du centre de recherches et d’études avancées (Langebio-Cinvestav).

En sécrétant des antibiotiques et des enzymes hydrolytiques, les espèces de Trichoderma sont capables de dégrader les parois et les composants cellulaires de plusieurs bactéries et champignons phytopathogènes.

Mais ce n’est pas tout, puisque ces organismes réussissent également à capturer le fer présent dans leur environnement et à le transmettre à leur plante hôte, qui obtient par la même occasion un élément fondamental pour son développement.

Une espèce symbiotique

Le Trichoderma colonise les racines de la plante qu’il protège et établit avec elle une véritable relation de symbiose. Pour l’instant, les cultures concernées sont celles de tomates et de piments, mais le champignon a également été utilisé avec du maïs.

Les travaux des chercheurs mexicains se sont concentrés sur le contrôle d’une maladie provoquée par un mélange de champignons présents dans le sol.

Pour protéger les végétaux, le Trichoderma est appliqué directement sur la graine, puis les jeunes pousses sont trempées quelques minutes dans un bain d’eau mélangée aux spores de Trichoderma. Une fois en pleine terre, les plantes sont régulièrement réexposées à ce mélange à travers le système d’arrosage par goutte à goutte, qui permet de garantir la présence du champignon jusqu’à la récolte.

Le docteur Sergio Casas Flores, responsable du projet au sein de l’IPICyT, compte breveter rapidement sa formule et rendre possible un transfert de technologie, dans l’espoir de la voir un jour appliquée non seulement au Mexique, mais aussi dans toute l’Amérique Latine.

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