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Les balbutiements du commerce équitable

Chine / / Asie

Dans un pays qui se met rapidement à la consommation de masse, l’idée de commerce équitable a fait son apparition concrète en 2009. Le démarrage difficile s’explique par les spécificités que la pratique doit prendre pour s’adapter à la situation chinoise. Enquête sur le pionnier du domaine.

Politique des petits pas

Le “Chuang Yi” (iFAIR, China Fair Trade Center) a ouvert son premier magasin en 2009 à Canton. L’organisation commercialise des produits créatifs venant des minorités ethniques chinoises. Outre son réseau de magasins qui s’est étendu à 8 unités depuis la première ouverture, iFAIR distribue aussi ses produits dans le commerce traditionnel. Dans les supermarchés de République populaire, il est encore très rare de trouver un rayon “commerce équitable”.

Le fondateur Liu Qiongxiong procède par “tâtonnements” depuis plusieurs années et en est arrivé à une conclusion simple : le commerce équitable en Chine ne peut pas être la copie de ce qui se fait en Occident.

En général, la pratique est comprise comme du commerce, qualifié d’équitable. En Chine, c’est la partie “équitable” qui est au centre. La négociation du prix se fait dans le respect mutuel. En particulier quand il s’agit de distribuer via des commerçants qui ont déjà un réseau de magasins, le bénéfice ne peut pas être considéré en premier. La vente à marge dans ce cas est souhaitable.

Un nouveau modèle adapté à la Chine

C’est que Monsieur Liu comprend le consommateur chinois. Ceux qui veulent consommer de manière éthique sont toujours très inquiets de la possibilité d’être “arnaqués”. Trop de commerçants se réclament du commerce équitable pour faire des affaires, sans aucun scrupule. Ainsi les consommateurs veulent être rassurés.

Cela entraîne aussi une particularité au niveau de la fixation des prix:  “En général, les prix d’achat des produits du commerce équitable sont fixés en considération du coût de la vie sur la zone de production. Ils ne sont pas liés au pouvoir d’achat des marchés où ils sont distribués. Avec un coût de la vie extrêmement disparate entre les campagnes reculées de la Chine et ses grandes villes, ce modèle n’est pas acceptable. On doit afficher le pourcentage du prix de vente donné au producteur sur tous nos produits, c’est une exigence évidente du consommateur éthique. Il n’accepte pas que ce pourcentage soit trop faible, même si quelques pourcents seraient déjà très bien en considération de la situation dans la région productrice. Alors nous avons comme limite basse le seuil de 10%. Au moins 10% du prix de vente de tous nos produits reviennent aux producteurs“.

Un premier succès

Aujourd’hui, le commerce équitable fait ses premiers pas en Chine continentale. A Hong Kong, notamment grâce à l’influence britannique, il est déjà plus développé. Et c’est le modèle pour les entrepreneurs éthiques de République populaire.

Le commerce équitable n’en est qu’à ses tous premiers pas. Que nous soyons confrontés à des problèmes est tout à fait normal. Pour l’adoption de ce modèle en Chine, l’aspect essentiel, c’est l’éducation du consommateur. Donc, on attend beaucoup de la presse !

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