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Des projets de barrages en Patagonie provoquent des manifestations dans tout le pays

Chili / / Amérique du sud

L’hydroélectricité n’a plus le vent en poupe, et le gouvernement chilien est en train de l’apprendre à ses dépends. Les carabiniers ont dû affronter la colère de plus de 30.000 personnes réunies dans les rues de la capitale pour protester contre la construction de retenues qui mettent en péril les richesses naturelles de la Patagonie.

Les barrages approuvés

Principaux fleuves de la Patagonie chilienne, le Río Baker et le Río Pascua pourraient voir leur bassin modifié par la construction de plusieurs centrales hydroélectriques dans la région de Aysén. Avec une puissance totale de 2.750 mégawatts, le projet hidroaysén prévoit d’approvisionner en électricité une grande partie du pays grâce à la construction de 5 barrages. Les centrales seraient opérationnelles en 2025, après un investissement record de 3,2 milliards de dollars.

Après avoir assisté à la présentation de ce projet pharaonique et écouté les critiques formulées par ses détracteurs, la Commission d’évaluation environnementale (CEA) formée par douze fonctionnaires du gouvernement de Sebastián Piñera vient d’approuver l’initiative par onze voix contre une.

Noyer une région… et les manifestations

Une décision qui a mis le feu aux poudres chez les écologistes, qui avaient déjà fait savoir qu’ils s’opposeraient à l’inondation de ces zones, extrêmement importantes sur le plan de la biodiversité. À l’appel de l’association Acción Ecologista, plus de 30.000 manifestants ont défilé dans les rues de Santiago du Chili, tandis que d’autres cortèges se sont formés spontanément dans les principales villes du pays.

Dans la capitale, la manifestation a conduit à des affrontements avec les forces de l’ordre, dont l’usage immodéré des canons à eau et des gaz lacrymogènes a donné lieu à de nombreuses accusations pour violence excessive. Les carabiniers évoquent la mobilisation la plus importante depuis plusieurs années, et ont procédé à l’arrestation de plus de 70 manifestants à travers le pays.

L’opposition se prépare à riposter

Pour les associations écologistes comme Patagonie sans retenues, Greenpeace ou la fondation Terram, la bataille ne fait que commencer. Avant de démarrer les travaux, les promoteurs de ce mégaprojet devront en effet résoudre le casse-tête lié à l’acheminement de l’énergie électrique produite par ces nouvelles centrales, situées à l’extrême sud du pays. Nul doute que le tracé des 2.300 kms de lignes donnera lieu à de nouveaux débats houleux.

L’opinion publique est déjà largement ralliée à la cause des écologistes, plus de 60% des Chiliens se déclarant opposés au projet. Une nouvelle manifestation, nationale cette fois, est prévue pour le 21 mai, journée au cours de laquelle le président de la république devra présenter les comptes publics de sa gestion devant le parlement.

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