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Des vêtements high-tech anti-dengue

Argentine / / Amérique du sud

Grâce à l’incorporation de microcapsules de citronnelle au cœur des fibres de coton, les nouveaux habits mis au point par des chercheurs argentins permettent de diminuer de 90% les risques de transmission du virus. La prochaine étape consistera à les rendre rechargeables.

La dengue est une maladie tropicale qui s'étend en dehors de son territoire d'origine. © Percherie (Wikimédia Commons)

Une solution un peu “dengue”

Maladie infectieuse tropicale et subtropicale parfois mortelle, la dengue progresse de façon spectaculaire en raison de l’extension de l’aire de distribution de son principal vecteur, le moustique Aedes Aegypti. Celui-ci affectionne particulièrement les zones urbaines et semi-urbaines, où il déclenche des épidémies chaque fois plus nombreuses. L’OMS estime à 50 millions le nombre de personnes infectées chaque année.

Pour lutter contre ce fléau, qui touche désormais des villes comme Buenos Aire et Rosario, autrefois épargnées, les scientifiques de l’INTI (Institut national de technologie industrielle) ont eu recours aux nanotechnologies afin de fabriquer un tissu capable de repousser les moustiques. Leur étude est décrite en détail dans la revue scientifique Royal Society of Tropical Medicine and Hygiene.

Micro-capsules, maxi-solution

Il s’agit en fait d’huiles essentielles microencapsulées aux propriétés répulsives. La microencapsulation module la libération des huiles, généralement des mélanges de substances volatiles, prolongeant ainsi l’effet répulsif des tissus sur lesquels elles sont appliquées,

, explique Laura Hermida, chef de projet au Centre de recherche et de développement en chimie à l’INTI.

Les microcapsules sont fabriquées à partir de biopolymères : des substances biocompatibles et biodégradables. Elles sont ensuite appliquées au tissu à travers des procédés conventionnels de l’industrie textile.

Les essais en laboratoire de l’INTI ont démontré que ces tissus étaient capables de repousser 90% des moustiques AedesAegypti pendant trois semaines. Grâce à une population d’insectes élevés par le Centre d’études parasitaires et de vecteurs (CEPAVE), des volontaires ont tour à tour prêté leur bras pour le plonger dans une boîte remplie de moustiques et comparer le nombre de piqûres selon qu’il soit nu, couvert d’une toile de coton normal ou protégé par le tissu traité.

Un système à améliorer

L’efficacité du procédé étant démontrée, les chercheurs s’emploient maintenant à améliorer la durabilité du traitement.

Pour obtenir une résistance au lavage ou pour développer des tissus ‘rechargeables’ il est nécessaire de continuer les recherches commencées et d’essayer de nouveaux systèmes qui modulent la libération des huiles et leur fixation dans le tissu,

, souligne Laura Hermida.

La prochaine étape consistera à effectuer des tests sur le terrain, afin d’évaluer la résistance des tissus aux conditions réelles d’utilisation, notamment aux changements de température et d’hydrométrie, ou encore aux radiations solaires.

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