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Green et vert

Wonderful days (Sky Blue, 2004)

Corée du Sud / / Asie

Qui a dit que les dessins animés n’étaient que pour les enfants ? Wonderful days est pourtant centré sur une thématique très sérieuse et même inquiétante; celle de la pollution et de la disparition des espèces par la faute de l’Homme. Au point de mériter un titre de « film noir », à l’image du ciel encrassé des paysages du futur.

Synopsis : En 2142, la Terre est méconnaissable. La guerre et la pollution l’ont recouverte d’un nuage de poussière qui occulte perpétuellement le ciel, détruisant les éco-systèmes. Les survivants se sont regroupés en deux cités irrémédiablement opposées : Ecoban, la cité futuriste à la nature reconstituée qui tire son énergie de la pollution atmosphérique, et Marr, la ville des laissés-pour-compte. Mais face aux problèmes énergétiques, les habitants d’Ecoban envisagent de détruire Marr afin de générer encore plus de pollution, pour en tirer encore plus d’énergie. Alors que la guerre semble inévitable, un homme se dresse contre cette révolution. Lui ne cherche qu’à retrouver le bleu du ciel.

Contexte : Sorti en 2004 et passé relativement inaperçu en France, ce dessin animé (pas un manga, car malgré son aspect esthétique il est coréen) constitue pourtant une vraie prouesse technologique : après avoir envisagé de le faire en 3D, les créateurs lui ont ensuite donné une esthétique unique par un curieux mélange de dessins classiques afin d’obtenir les expressions les plus détaillées, et un mélange de maquettes et d’images de synthèse pour avoir des décors aussi réalistes que possible. Le mélange des deux donne un résultat détonnant à l’écran. Ce film est surtout bien ancré dans les questions environnementales d’aujourd’hui. On voit apparaître les prémices du réchauffement climatique, avec la canicule de 2003, les tempêtes comme Katrina ou la fonte des glaces polaires. C’est aussi à ce moment que sont votées les premières lois et les premiers accords sur l’environnement, comme le Protocole de Kyoto (entré en vigueur en 2005), ou le code de l’environnement en France (en vigueur depuis 2000). On assiste à la création de la notion de « réfugiés climatiques » avec les habitants de l’atoll de Carteret et de l’île de Bhola, évacués en 2005 face aux inondations, alors que les habitants de la côte du Bangladesh risquent de subir le même sort sous peu.

Le film, quant à lui, a obtenu la consécration avec la remise du Grand Prix Anim’art au festival du film fantastique de Gérardmer en 2004. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un dessin animé aborde la question de la protection de l’environnement : on peut citer aussi Princesse Mononoké d’Hayao Miyazaki en 2000. Mais aucun ne l’avait encore fait sur ce ton si sombre, dans le genre de la science-fiction. D’autres dessins animés l’ont suivi depuis, comme Nausicaa de la vallée du vent (du même Miyazaki) ou Origines (de Keiichi Sugiyama) en 2006, sur la même question et dans le même genre. Espérons juste que tous resteront au stade de film de science-« fiction ».


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