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Assassinat d’un couple écolo dans le polygone de la violence

Brésil / / Amérique du sud

La semaine dernière, un couple d’activistes écologistes a été assassiné à Nova Ipixuna. Cet endroit se situe en plein cœur du tristement célèbre “polygone de la violence”, région la plus dangereuse du Brésil et du monde.

Marabas, capitale du Brésil... et de la violence: la ville a un taux d'homicide parmi les plus élevés du monde. © Mateustz (Wikimédia Commons)

Le Parà, région la plus violente du monde

Cette zone de 84.000 km2 (soit la taille de l’Autriche) regroupe 13 villes au Sud-Est de l’Etat du Pará. Le taux d’homicide se situe entre 60 et 100 pour 100.000 habitants, soit le plus élevé du monde. En 2009, le taux a atteint 91 homicides. Si cet endroit était un pays, il serait considéré comme le plus violent du monde.

José Claudio Ribeiro da Silva et Maria do Espírito Santo étaient des leaders activistes. Ils défendaient la forêt amazonienne de la dévastation et leurs noms étaient depuis 22 ans sur la liste des futures victimes.

Le couple a été emporté par la vague de violence, qui semble inexorable et qu’aucune intervention de l’Etat n’a réussi à ralentir. Le taux d’homicides est passé de 53 pour 100.000 en 2002, à 67 en 2005, puis 73 en 2007 et enfin 91 en 2009.

En 8 ans, 4.601 personnes ont été tuées. Pour la seule ville de Marabá, 1.408 assassinats, soit 133 homicides pour 100.000 habitants.

Conflits d’intérêts

José Cláudio était le porte-parole, sa femme, la photographe. Ensemble, ils documentaient leurs dénonciations de coupes illégales de bois dans la réserve naturelle où ils cultivaient leurs châtaignes. Par conscience et par nécessité: le châtaigner est un des arbres les plus hauts de la forêt, pouvant atteindre 50 mètres de hauteur, avec des troncs allant jusqu’à 5 mètres de diamètre. Ils vivent plus de mille ans.

La carte de la déforestation du Ministère de l’Environnement montre les dégâts provoqués par les tronçonneuses dans ce polygone. Avec la disparition progressive de la forêt, les conflits entre écologistes, exploitants du bois, et exploitants du charbon se sont amplifiés.

Riches et dangereux

La richesse de la région vient pourtant de nombreuses autres sources. Le plus grand gisement de fer en exploitation au monde se trouve à Parauapebas, deuxième ville du polygone. La troisième ville, Paragominas, vit du minerai et de l’élevage. La quatrième, enfin, Tucuruí, est le siège de la plus grande centrale hydroélectrique du Nord du pays, ce qui ne manque pas de préoccuper quand on sait que la plus grande centrale hydroélectrique du monde est en passe de voir la jour, en Amazonie, à Belo Monte.

Toutes ces villes sont relativement récentes, et sont apparues le long de la nouvelle Transamazonienne PA-150 qui a permis l’arrivée des émigrants. Les taux d’homicides sont bien moins élevés dans les villes historiques de la région.

Samedi dernier, un autre agriculteur a été assassiné à Nova Ipixuna. Erenilton Pereira dos Santos, 25 ans, aurait été témoin de la mort de José Cláudio et Maria.

Sans une politique nationale de sécurité pour ces régions, l’épidémie de violence ne pourra que s’aggraver, et le polygone s’agrandir.

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