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Le business mise sur l’énergie alternative

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Les sociétés spécialisées dans les énergies renouvelables investissent en Ukraine dans l’espoir que, tôt ou tard, ces efforts seront payants.

Malgré les coûts, des entreprises investissent dans les énergies vertes comme les fermes éoliennes (ici à Novoazovsk). (Wikimédia Commons)

Des énergies en remplacement

Depuis le début du mois de mai, les Ukrainiens payent l’électricité 15% plus cher qu’auparavant. Et après une remise à niveau pour le charbon sur les prix mondiaux, annoncée par le ministère de l’Énergie, le prix pourrait encore augmenter de 25 à 30%. Plus cher que le gaz… Effectivement, le chef adjoint de la compagnie Minenergouglya, Konstantin Borodine, a déclaré que le prix du gaz russe pourrait franchir le niveau de 400$ par mille mètres cubes avant la fin de l’année.

Dans le même temps, l’Ukraine pourrait avoir au moins un tiers de ses besoins actuels en énergie satisfait par les énergies renouvelables

, a déclaré le président de l’Agence nationale pour l’efficacité énergétique, Nikolai Pachkevich. Le pays dépense chaque année environ 200 millions de tonnes d’équivalent pétrole, et la part pour l’énergie alternative ne s’élève qu’à seulement 5 millions.

Ce remplacement progressif va donc coûter beaucoup d’argent. L’investissement nécessaire pour un changement de stratégie d’ici 2015 est estimé à 400 milliards, même s’il est vrai que la technologie “verte” revient de moins en moins cher.

S’il y a 10 ans, le renforcement des capacités pour produire 1 kWh d’énergie éolienne coûtait 3.000 dollars, maintenant, cela coûte 1.000 dollars. Je pense qu’ un kilowatt d’énergie alternative sera de moins en moins cher

, explique M. Pachkevitch.

Des déchets à l’énergie

Et ils sont nombreux, ceux qui sont prêts à investir du temps et de l’argent dans les énergies alternatives. L’agroholding “Astarta” possède huit usines de sucre, et transforme 32.000 tonnes de betteraves par jour. Le volume de pâte qui reste après l’extraction du sucre est énorme et jusqu’ici, la société était obligée de payer pour son élimination. Un projet a donc été lancé pour produire du biogaz à partir des déchets de betteraves. Son coût est estimé à 10 millions d’euros.

Selon Nikolaï Pachkevich, la part des usines de biogaz dans le bilan gazier du pays est encore faible mais son potentiel est énorme: “Le potentiel économique de la biomasse pourraient satisfaire jusqu’à 13% des besoins énergétiques d’Ukraine“. Dans le même ordre d’idée, les résidus de la paille et les tiges des cultures seraient suffisants pour pour fournir toutes les chaudières en zones rurales.

Si l’Ukraine construit 10.000 installations de biogaz, elle serait capable de produire annuellement 30 milliards de mètres cubes de gaz et pourrait ainsi se passer des importations de gaz russe ( en 2010, l’Ukraine a importé 40 milliards de mètres cubes ). Le défi que doit relever le pays n’est pas irréaliste, l’Allemagne a déjà construit 6.000 stations ces dernières années.

Compte tenu du fait que l’une de ces stations coûte environ 2,5 millions d’euros, l’investissement total est de 25 milliards,

estime le directeur commercial de Zorg-Ukraina, Igor Reddix, engagé dans le développement et la construction de ces stations. Bien que les stations de production de biogaz soient destinées principalement aux zones rurales, on peut aussi imaginer en construire à proximité des grandes villes.

A partir des déchets qu’émettent annuellement les Ukrainiens, on peut produire un milliard de mètres cubes de gaz,

calcule ainsi le directeur de l’Institut de Gaz Alexander Pyatnichko. Un projet de ce genre existe déjà : l’an dernier le conseil municipal de Dniepropetrovsk a donné au groupe allemand HAASE Energietechnik l’autorisation de produire du gaz dans la décharge municipale.

L’éolien et le solaire

Les alternatives les plus performantes à l’énergie traditionnelle en Ukraine sont les énergies solaire et éolienne. Début 2011, le pays a produit 207,9 milliards de kilowattheures d’électricité “verte”. Ce succès est dû à l’introduction de “tarifs verts” pour producteurs et le manque de concurrence sur le marché. Pour autant, les entreprises disposées à investir dans du matériel ne doivent pas s’attendre à des profits rapides.

Il s’agit de projets d’investissement à long terme. Mais avec le développement de l’industrie, les prix baissent chaque année de 10 à 15%, de sorte que le coût de l’équipement pour la construction de parcs solaires est tiré vers le bas

, selon le chef du Département du développement d’entreprise ActivSolar Michael Cherevko.

La SMC Energy Holding DTEK, propriété du groupe Rinat Akhmetov (le plus gros oligarque ukrainien), a l’intention de construire dans la région de Donetsk un parc éolien de 1.200 MW. Un autre investisseur important – la société Furlender Vindtehnolodzhi a un projet ukraino-allemand pour la production, l’installation et la maintenance d’éoliennes d’une capacité de 2,5 MW. La société Groupe Concorde va également mettre en exploitation un parc éolien de 100 MW près de Kazantip en Crimée. Enfin, trois parcs éoliens vont  être construits à Ovidiopol et Tatarbunary, qui, ensemble, génèreront environ 800 millions de kilowattheures par an.

Le potentiel du solaire est également énorme. Selon des chiffres officiels, le nombre moyen de rayonnement solaire total sur le territoire de l’Ukraine varie de 1.070 kWh par mètre carré à 1.400 kW / h, un taux supérieur à l’Allemagne, pourtant un des pays leader en installations solaires.

Le principal défaut de l’Ukraine dans le domaine du solaire et de l’éolien est la faible puissance de son réseau. En outre, la plupart des régions, favorable à la création d’énergie alternative – les Carpates, Mykolaïv, les régions de Kherson et la steppe de Crimée – sont peu habitées. Par conséquent, la construction de centrales devra s’accompagner d’un nouveau réseau pour conduire l’énergie produite vers les utilisateurs.

La ressource gazière

Bien que le gaz de schiste et le méthane des mines de charbon ne soient pas des ressources renouvelables, ils peuvent très bien être considérés comme une alternative au gaz naturel. Mais en Ukraine, ils ne sont pratiquement pas développés

, explique Nikolai Pachkevich. Selon les experts, les mines de Donetsk par exemple pourraient produire annuellement 3 milliards de mètres cubes de méthane. Pourtant, seul 4% du méthane produit est utilisé comme énergie, un chiffre 4 à 5 fois plus faible que dans le reste de l’Europe. Ceci en dépit du fait que l’Ukraine occupe la quatrième place mondiale en termes de réserves de méthane dans les gisements de charbon.

Selon certaines sources, la ressource du pays en gaz de schiste s’élèverait quand à elle à plus de 30 milliards de dollars. Cette année, l’Ukraine a entamé des négociations avec Exxon Mobil, Chevron et Shell, et le parlement a voté les lois créant les conditions favorables pour les producteurs de gaz de schiste, malgré les critiques sur cette énergie.


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