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Les grands chefs ne veulent pas d’OGM en cuisine

Pérou / / Amérique du sud

Les stars de la gastronomie péruvienne s’associent aux défenseurs de la biodiversité pour dénoncer une loi facilitant l’importation de graines génétiquement modifiées. Pas question de ternir l’image de l’agriculture péruvienne, grande exportatrice de produits biologiques.

Gaston Acurio est monté au créneau pour empêcher l'introduction de semences OGM au Pérou. © Melissa de Leon

 

 

 

 

 

 

 

La révolte des cuisines contre les OGM

Mondialement réputé pour la diversité de sa gastronomie, le Pérou compte plusieurs chefs dont le prestige dépasse largement les frontières du pays. C’est le plus célèbre d’entre eux, Gastón Acurio, qui monte au créneau pour réclamer un véritable débat sur les cultures OGM. Une réglementation votée il y a peu par le gouvernement d’Alan García autorise désormais l’utilisation de graines OGM (soja et maïs), sans que les agriculteurs, les professionnels de la gastronomie ou les communautés autochtones concernés par cette mesure n’ait été consultés.

Gastón Acurio estime que ce texte privilégie surtout les intérêts économiques de grandes entreprises, sans se soucier des conséquences éventuelles sur la biodiversité exceptionnelle du Pérou.

Une menace pour l’agriculture péruvienne

Il trouve absurde et mensonger d’affirmer qu’un pays qui exporte déjà ses produits à des prix intéressants sur les marchés internationaux ait besoin de graines OGM pour améliorer sa compétitivité :

Nous devons miser sur des modèles agricoles différents, en particulier sur l’agriculture biologique. C’est le secret qui fait que nos produits sortent du lot grâce à leur qualité. C’est cette méthode qui permet à de nombreux Péruviens d’entrer sur des marchés à haute valeur ajoutée.

Pour lui, la “marque OGM” risque de jeter le discrédit sur les exportations agricoles les plus réputées, comme les asperges, les piments, les artichauts, les agrumes, le café bio, le cacao bio ou les bananes plantain. Ces produits de qualité sont largement présents dans la gastronomie péruvienne, qui risque elle aussi de souffrir de l’arrivée des OGM.

La mobilisation continue

Plusieurs syndicats agricoles ont par ailleurs proposé un moratoire de 15 ans auprès de la Commission à l’agriculture du parlement, afin de procéder à des analyses plus poussées sur le sujet.

Le Pérou compte parmi les 12 pays les riches en termes de biodiversité, une raison suffisante pour que « s’il existe la moindre probabilité que les graines OGM puissent affecter les écosystèmes du pays, alors celles-ci ne devraient jamais pouvoir y pénétrer, jusqu’à ce que le contraire ait été démontré », déclare Gastón Acurio, propriétaire du deuxième meilleur restaurant d’Amérique Latine Astrid & Gastón.

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