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L’opposition souhaite la bienvenue aux touristes… responsables

Birmanie / / Asie

La Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) de l’opposante Aung San Suu Kyi change son fusil d’épaule. Opposée au tourisme dans son pays depuis des années, la Ligue l’encourage désormais. A condition qu’il s’agisse de tourisme durable…

Malgré la richesse de son patrimoine, le Myanmar peine à attirer des touristes du fait de sa réputation. © Hintha (Wikimédia Commons)

Tourisme contre démocratie?

Aung San Suu Kyi, fille du principal héros de la décolonisation, figure internationale à l’histoire émouvante qui a mis son pays avant sa famille (abandonnant son mari malade en Angleterre pour aider son peuple), n’est plus en prison. Toujours aux responsabilités de la LND , parti désormais interdit, elle continue de donner des avis sur la vie politique et économique du pays. Récemment, c’est un avis concernant le tourisme durable qui va faire couler de l’encre dans les pays développés.

Après son emprisonnement, Aung San Suu Kyi, avait préconisé aux ressortissants des pays riches de ne pas se rendre dans son pays. Un moyen d’accentuer la pression économique sur les généraux au pouvoir. Mais cette opposition lui a valu d’être accusée de faire obstacle au développement de l’ancienne Birmanie. Désormais, ce ne sera plus le cas.

Le tourisme actuel, un désastre humain

La LND a publié une déclaration sur le secteur touristique. Le parti politique accueille le développement du tourisme s’il n’est pas à l’origine d’abus des droits de l’homme et de la dégradation de l’environnement. Ce qui est rarement le cas aujourd’hui:

Afin de construire des hôtels et d’autres infrastructures touristiques, les populations locales ont été déplacées, souvent sans compensation adéquate (…) Certains projets font appel au travail forcé. Le résultat, c’est la misère associée à la perte des coutumes ancestrales, une violation énorme des droits de l’homme.

Soe Win, un des responsables de la LND, n’en finit pas de critiquer le tourisme dans la forme qu’il prend actuellement au Myanmar.

Le tourisme sexuel existe aussi, mais il y a des maux moins évidents tels que la distribution systématique de billets ou de cadeaux dans les villages, qui font d’une génération des mendiants en puissance.

Une lueur d’espoir

Cependant, les choses peuvent changer. Le tourisme actuel, qui profite essentiellement à la junte militaire au pouvoir et à sa cour, pourrait venir en aide à la population. Et le potentiel est là. Car le Myanmar, grâce à sa situation géographique privilégiée et son histoire millénaire, abrite des trésors culturels et naturels.

Si le gouvernement et les autres acteurs du secteur touristique respectaient l’éthique et l’environnement, nous serions alors des promoteurs actifs du tourisme international.

L’an dernier, le Myanmar a accueilli environ 200.000 visiteurs internationaux. Chiffres bien pâles en comparaison des 14 millions de personnes qui se rendent annuellement en Thaïlande, des 4 millions qui visitent le Vietnam ou des 2 millions que se partagent le Laos et le Cambodge. Une manne financière qui, on espère, profitera peut-être bientôt aux populations déshéritées de Birmanie.

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