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Payés pour prêcher la bonne parole environnementale… sans leur moto !

/ Amérique du sud

À Barranquilla, 120 chauffeurs de taxis deux-roues débauchés par la municipalité laisseront leurs motos au garage pour exercer un nouveau métier. Leur mission : promouvoir les bonnes pratiques environnementales auprès des habitants de leur ville, qu’ils devront désormais arpenter à pied.

La moto-taxi: un transport alternatif… mais très polluant

Quatrième ville la plus peuplée de Colombie après Bogotá, Medellín et Cali, Barranquilla fait aussi partie des agglomérations où le réseau de transports en commun brille par son inefficacité.

Pour répondre aux besoins des habitants, un système de transport informel à bas coût a fait son apparition, la moto-taxi. Ce phénomène s’est développé de manière exponentielle au cours de la dernière décennie : selon les chiffres de la police métropolitaine, le nombre de motos-taxis serait passé de 500 en l’an 2000 à plus de 13.500 au mois de janvier 2011.

Mais les motos-taxis sont un véritable cauchemar pour le développement et la planification urbaine : il s’agit en effet d’un des moyens de transport parmi les plus dangereux, les plus polluants et les plus bruyants que l’on puisse imaginer, qui concurrence aujourd’hui les transports en commun officiels.

Opération pédagogique pour faire passer la nouvelle réglementation

Le maire de Barranquilla, Alejandro Char, bien décidé à mettre un terme à cette situation, a imposé une nouvelle réglementation qui interdira peu à peu l’accès du centre-ville aux deux-roues. Un coup dur pour les chauffeurs de moto-taxis, qui ont manifesté leur désaccord de manière violente au cours des derniers mois.

Dans ce contexte, la municipalité a décidé d’offrir une possibilité de reconversion aux chauffeurs fatigués de risquer leur vie quotidiennement sur leur deux-roues, en leur proposant de sensibiliser leurs concitoyens aux problèmes écologiques.

Baptisés Caminantes ambientales (les marcheurs environnementaux), ces nouveaux fonctionnaires municipaux ont bénéficié d’une formation portant entre autres sur la réglementation environnementale, la gestion des déchets ménagers et toxiques, la pollution sonore, la préservation de la faune et de la flore, et le contrôle des émissions atmosphériques.

Une de leurs premières tâches consistera à enseigner aux habitants de la ville à ne plus jeter leurs ordures dans les ruisseaux qui se forment au cours de la saison des pluies.

Alejandro Char fait donc le choix de la pédagogie et espère que cette démarche de sensibilisation directe auprès de la population permettra d’amorcer un véritable changement culturel en matière de conscience environnementale.

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