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Les contradictions d’Evo Morales sur les OGM

Bolivie / / Amérique du sud

Fervent défenseur des droits de la terre-mère, la “Pachamama”, le président bolivien s’est toujours fermement opposé aux produits OGM. Pourtant, un projet de loi devrait bientôt autoriser leur commercialisation et leur importation, et suscite déjà une vive polémique. Pour les représentants du secteur agro-industriel, la souveraineté alimentaire est à ce prix.

L'agriculture bolivienne, très riche en terme de biodiversité, va-t-elle céder aux sirènes de l'agrobusiness ? © Jenni Frog

Un changement dans la politique d’Evo Morales ?

Officiellement, le gouvernement affiche toujours une position clairement opposée aux OGM. Mais le projet de Loi de révolution productive, communautaire et agricole, discuté en ce moment même à l’assemblée, semble cependant marquer un tournant dans la politique d’Evo Morales.

Le texte prévoit en effet « d’établir des dispositions pour le contrôle de la production, de l’importation et de la commercialisation de produits génétiquement modifiés ».

Pour le biologiste Marco Octavio Rivera, il s’agit là d’une autorisation tacite des OGM, en totale contradiction avec les promesses d’Evo Morales. Celui-ci s’était engagé à faire de la Bolivie “un territoire libre de graines transgéniques” au cours des cinq prochaines années, attribuant au passage les problèmes de calvitie des Européens à la consommation d’OGM.

Les inquiétudes des écologistes

Carlos Romero, ministre de l’Autonomie et auteur du projet de loi, considère pourtant que le texte n’encourage pas les cultures d’OGM :

Le projet de loi donne la priorité à la production d’aliments issus de l’agriculture biologique et ordonne la protection du patrimoine génétique du pays, qui occupe le huitième rang mondial en terme de biodiversité.

Les écologistes craignent cependant que l’importation de ces produits ne contamine les espèces végétales autochtones, que le gouvernement affirme vouloir préserver.

Il y a des preuves de la contamination du maïs originaire du Mexique à travers des cultures de maïs OGM

, affirme Rivera.

Le gouvernement se veut rassurant

Carlos Romero se veut rassurant et explique que seuls des produits transgéniques non apparentés aux espèces originaires de Bolivie ou présentant une diversité importante dans le pays (comme le maïs ou la pomme de terre), pourront être importés et commercialisés.

Par ailleurs, le ministre signale que les cultures de soja transgénique, autorisées depuis 2005, feront bientôt l’objet d’une réglementation.

Certains producteurs espèrent en revanche une légalisation rapide des cultures OGM. Ils la voient comme le seul moyen d’améliorer la compétitivité de la Bolivie en réduisant sa dépendance alimentaire vis-à-vis du Brésil et de l’Argentine.

Les producteurs d’OGM à l’affut

Demetrio Pérez, président de l’Association de producteurs d’oléagineux et de blé de Santa Cruz défend les OGM avec virulence :

En Bolivie, il y a deux possibilités. L’une consiste à produire en utilisant cette technologie conformément aux normes qui sont approuvées. L’autre, à dépendre de la production des pays voisins.

Deux visions radicalement opposées du monde agricole vont donc devoir s’affronter à l’assemblée, mais pour l’écologiste Marco Octavio Rivera :

Il s’agit d’une stratégie de l’agro-capitalisme. La Bolivie s’ouvre peu à peu aux grandes multinationales, ce n’est un secret pour personne.

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