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Que ce soit en Guyane française, au Suriname ou au Guyana, l’exploitation aurifère à petite échelle (small-scale gold-mining) fait des ravages sociaux et environnementaux. Les 31 mars et 1er juin derniers, le WWF du plateau des Guyanes et le Ministère des ressources naturelles du Suriname ont co-organisé une conférence internationale à Paramaribo, capitale du Suriname, pour trouver des solutions.

L'orpaillage au mercure provoque d'énormes dégats dans la forêt équatoriale du Plateau des Guyanes. Y mettre fin s'impose pour protéger la biodiversité. © Nateko (Wikimédia Commons)

 

 

 

 

 

Le mercure, problème public n°1

Pollution de l’eau par le mercure, contamination des chaînes alimentaires aquatiques et augmentation du nombre de malades du SIDA du fait de la prostitution sur les sites d’orpaillage. Ce sont les problèmes majeurs auxquels ces trois pays du plateau des Guyanes ont décidé de s’attaquer. Pourtant les problématiques sur ces territoires diffèrent quelque peu.

En Guyane française, l’utilisation du mercure pour amalgamer l’or est interdite depuis 2006 pour la filiale légal. Ce qui fait dire à Romain Taravella, chargé de mission orpaillage au WWF Guyane, qu’ “aujourd’hui on produit moins mais on produit mieux. C’est le fruit d’un assainissement“. Pourtant le secteur de l’orpaillage illégal en Guyane française est florissant : au bas mot, 10.000 travailleurs illégaux sur le seul territoire du Parc amazonien selon Romain Taravella. Ainsi, entre 2000 et 2010, plus de 22 tonnes d’or exportées de Guyane avaient une origine douteuse.

Au Guyana et au Suriname voisin, le sujet est plus flou. Les deux Etats délivrent des titres miniers légaux, mais cela n’empêche pas que des personnes en situation irrégulière travaillent sur les sites d’orpaillage. Un travail informel auquel les deux pays ont décidé de s’attaquer. Egalement préoccupante, l’utilisation du mercure : au Guyana et au Suriname elle n’est pas interdite. Si au Suriname les chiffres annoncent qu’entre 20.000 et 30.0000 mines à petite échelle utilisent du mercure quotidiennement, au Guyana il n’y a pas de chiffres officiels, ce qui rend l’impact du mercure d’autant plus difficile à évaluer.

Des mesures à prendre

Lors de cette conférence internationale, le Guyana a annoncé la mise en place d’une “Stratégie de développement à faible impact carbone” (Low Carbon Development Strategy) ayant pour but de contrôler et limiter la déforestation engendrée par l’exploitation aurifère. Quant au Suriname, il souhaite, grâce à la mise en place d’une division spécifique, restructurer le secteur aurifère. Et la Guyane ? Ce serait plutôt “un acteur qui montre l’exemple” aux dires de Romain Taravella.

Nous avons moins de mauvaises pratiques et nous maîtrisons l’art de la réhabilitation, qui a pour but de re-dynamiser le sol après une phase d’exploitation, d’y impulser la vie grâce à une série d’espèces fixatrices d’azote.

Cette pratique est en réalité obligatoire dès qu’un exploitant minier obtient une autorisation d’exploiter sur le sol français.

Le co-développement, solution incontournable

Pourtant, Romain Taravella avoue lui-même que les impacts globaux de l’orpaillage ont été multipliés par trois entre 2000 et 2008. Et de conclure :

Pour qu’il n’y ait plus d’orpailleurs illégaux, il faudrait qu’ils ne viennent plus, et donc aborder la question du co-développement avec le gouvernement du Brésil [pays frontalier de la Guyane française d’où viennent la majorité des orpailleurs clandestins, NDLR] .

Espérons que les universitaires et socioprofessionnels brésiliens également présents à cette conférence internationale auront entendu l’appel du WWF Guyane

Pour en savoir plus :

Article sur les techniques d’orpaillage et de réhabilitation à lire sur le site du magazine: Une Saison en Guyane.

La campagne du WWF  “Non à l’or illégal”

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