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Bientôt, une alternative au canal de Panamá?

Guatemala / / Amérique centrale

Un projet de couloir interocéanique reliant le Pacifique à l’Atlantique pourrait bientôt voir le jour au Guatemala. Il transformerait ce petit pays d’Amérique centrale en plate-forme logistique majeure du commerce mondial. Une opportunité de développement sans précédent, mais dont l’impact environnemental reste pour l’instant inconnu.

Déjà durement touché par la déforestation, le Guatemala pourrait être encore plus affecté avec la construction du méga-canal. © Pati Gaitan

Un projet monstre

Pour diminuer les coûts des transports, les opérateurs maritimes appliquent toujours la même recette : transporter plus sur des bateaux toujours plus grands. Or, depuis longtemps déjà, les porte-conteneurs excèdent la taille maximale imposée par les écluses du canal de Panamá.

Pour contourner cette limitation, un groupe d’entrepreneurs guatémaltèques a mis sur pied un projet audacieux de couloir interocéanique. Il serait capable de satisfaire l’augmentation constante des échanges commerciaux internationaux.

Ce nouvel axe de transport serait constitué d’une autoroute 2 x 2 voies, d’une ligne de voie ferrée, d’un oléoduc et d’un gazoduc courant en parallèle le long des 372 km qui séparent les deux océans.

Une opportunité de développement

Selon les études des investisseurs, la saturation du canal de Panama et des connexions terrestres des États-Unis devraient générer un marché potentiel annuel de 9 millions de conteneurs d’ici 2020.

Pour mener à bien ce projet pharaonique, un investissement de 12 milliards de dollars sera nécessaire, afin notamment de construire deux ports à chaque extrémité du couloir, capables d’accueillir des navires transportant plus de 8000 conteneurs.

Les travaux devraient durer huit ans environ et pourraient débuter dès 2012. Les promoteurs de l’initiative estiment que 25.000 emplois directs pourraient être créés au cours de la construction, puis 350.000 une fois le couloir interocéanique terminé. Une aubaine pour ce pays de 14 millions d’habitants, dont la moitié vit en dessous du seuil de pauvreté.

Le financement serait assuré par des actionnaires du Chili, du Salvador, d’Espagne, des États-Unis, du Royaume-Uni, du Japon et du Guatemala.

L’environnement dans le flou total

Le projet semble en bonne voie, mais les écologistes signalent l’absence d’étude d’impact environnemental. Large de 100 mètres, l’axe interocéanique constituera en effet une véritable frontière artificielle qui risque de fermer de nombreux couloirs écologiques, dans une zone déjà frappée de plein fouet par la désertification.

Les défenseurs de l’environnement suspectent également que la route empruntée par le couloir n’ait pas été choisie au hasard. En effet, celle-ci coïncide avec deux mégaprojets miniers d’or et d’argent de l’entreprise canadienne Goldcorp.

Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu au sein des communautés concernées par le projet. Elles craignent que le projet ne profite qu’aux investisseurs, sans que les populations locales ne bénéficient de réelles retombées économiques.

 

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Derniers commentaires

  1. GVadmin

    Merci pour cette précision !

  2. nicklaus9483

    Vous oubliez de dire qu’il s’agit d’un projet financé par la Chine :) !