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Green et vert

Jamais sans mon fusil !

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Jour 4 : Mathilde évoque la nécessité du port d’arme à feu à Svalbard.
Dans les environs de Longyearbyen et sur tout le territoire de Svalbard, il est fortement déconseillé de se promener sans arme à feu. Dès que vous vous éloignez de quelques centaines de mètres du village, vous devez être équipé d’un fusil (et accessoirement savoir vous en servir…). Pourtant, zéro crime ici, on laisse les clés sur le contact dans sa voiture, les portes des maisons sont ouvertes, et les patrouilles de police passent le plus clair de leur temps à rapatrier touristes ou promeneurs perdus dans la montagne. Loin d’être des fous furieux de la gâchette, les habitants courent donc un seul danger : rencontrer un ours polaire, dont le nombre s’élèverait à 3000 sur la totalité de l’archipel. Animal maritime, l’ours polaire est surtout présent près des côtes et pendant l’hiver, sur la banquise. Mais il est possible de tomber nez à nez avec un ours partout, en haut d’une montagne ou d’un glacier, surtout à la sortie de l’hiver, quand il est en quête de nourriture.
Au stand de tir de la ville, sur les hauteurs, les balles claquent. Des hommes et des femmes s’entraînent pour la saison de chasse qui va ouvrir bientôt . « Ici, presque tout le monde a un fusil, c’est normal, rappelle un policier, en plein entraînement. Nous devons toujours en avoir un avec nous pour nous protéger contre les ours polaires, mais aussi parce que beaucoup de gens chassent le renne. Moi je fais les deux. Cet automne je vais aller chasser, et je dois avoir un fusil avec moi à chaque fois que l’on sort de la ville… » Rennes, phoques, oiseaux, la chasse est contrôlée mais fait partie de la vie des habitants, estime encore ce policier en civil. « Nous chassons pour manger, si vous n’avez jamais goûté la viande de rennes du Svalbard, vous devriez, c’est délicieux ! »

Pour toute personne qui s’installe sur l’île, un stage de sécurité est donc obligatoire. Martin Indreiten est le chef de la logistique à l’Unis, en charge de la formation des étudiants, à leur arrivée.
« Tout le monde ici doit avoir un cours de survie de base, et cela comprend une initiation au tir et aux règles de sécurité. On apprend aussi à manier le fusil de la manière la plus sécurisée possible. Chaque année, 1000 personnes sont formées dans la ville. » Dans la réserve de matériel de cette université un peu spéciale, on peut trouver des combinaisons pour résister à l’eau gelée, des caisses de survie, des skis ou du matériel de camping extrême. Surtout, un système de prêt gratuit de fusils a été mis en place, pour permettre aux étudiants de partir en expédition ou se promener quand ils le souhaitent, en toute sécurité. Partout dans cette ville paisible, il y a des casiers pour ranger son arme, dans les dortoirs des étudiants, à l’entrée du supermarché, à la poste ou dans les établissements municipaux.
« Le plus important, c’est de savoir comment réagir si vous rencontrez un ours polaire, explique Martin. Le fusil est plutôt un outil d’auto-défense, votre dernière chance. Avant ça, vous devez essayer de quitter la zone, tenter d’effrayer l’ours et de vous signaler. Le principal défi est de ne pas être en situation de blesser ou tuer un ours polaire. » Car à Svalbard plus qu’ailleurs, les ours polaires sont une espèce protégée, les tuer est un crime puni par la loi. A chaque décès d’ours provoqué par l’homme, une enquête est d’ailleurs lancée pour déterminer s’il s’agissait bel et bien de légitime défense.
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A la découverte de… :

L’archipel de Svalbard est réputé pour sa nature inhospitalière, son climat extrême mais aussi pour la première réserve mondiale de semence. Pendant une semaine, vivez les aventures de Mathilde Goanec, correspondante de Green et Vert au royaume de l’ours polaire.

Retrouvez les autres épisodes ci-dessous :

Épisode 1 : Svalbard, à la limite du Pôle nord. Arrivée dans l’extrême nord norvégien, par avion.

Épisode 2 : Longyaerbyen, une cité idéale? Mathilde découvre la principale ville de Svalbard.

Épisode 3 : Lucie ou la vie polaire. Rencontre avec une étudiante française.

Épisode 5 : Le charbon, sale… mais indispensable à la survie sur l’île. Mathilde interroge Snore Olaussen, responsable universitaire du CO2 Lab, au sujet du charbon, principale ressource de Svalbard.

Épisode 6 : A l’intérieur de la réserve mondiale de semences. Visite du conservatoire mondial de semences.

Épisode 7 : Un projet mythique, mais controversé. Le conservatoire mondial de semences n’est pas exempt de polémiques.

Épisode 8 : Côté russe. Mathilde termine son périple par une visite du village russe de Barentsburg.

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