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Sa capitale noyée par la montée des eaux?

Mauritanie / / Afrique

Depuis 5 ans, Nouakchott subit des infiltrations d’eau qui transforment certaines zones en marécages inhabitables. Des études gouvernementales suggèrent que 80% de la surface totale de la capitale mauritanienne pourrait être immergée dans 20 ans dans le meilleur des cas. La disparition totale de la ville est prévue d’ici 2050.

Les premières petites inondations dans Nouakchott ont commencé pendant la saison des pluies en 2007. Depuis, des maisons s’écroulent régulièrement. En janvier 2011, l’eau a envahi des quartiers entiers, comme Socogim, Bagdad, Sebkha ou Las Palmas.

Depuis, des voix se font entendre, demandant des remboursements au gouvernement et aux promoteurs, lesquels ont autorisé les constructions. Le Président mauritanien Mohamed Abdel Aziz a visité les lieux et a mis en place un comité interministériel pour examiner le problème, sans suite pour le moment.

Moktar Kane, victime d’une inondation, fait part de ses doléances…

J’ai dépensé mon argent pour acheter un terrain en zone inondable. Nous sommes 476 familles qui avons besoin d’une pompe afin d’évacuer les eaux usagées et les infiltrations… ou bien une compensation solide.

… dont ne veut même pas entendre parler le directeur technique du promoteur Iskan :

Les terrains ont été achetés en 1982, quand le niveau de l’eau était correct. Aujourd’hui, la totalité de Nouakchott se trouve sous le niveau de la mer. C’est le problème du gouvernement.

Trop de handicaps pour une seule ville

Les raisons de cette situation sont multiples : la ville se loge dans une cuvette de 50 centimètres sous le niveau de la mer. Les nappes phréatiques sont gonflées par le niveau de la mer qui s’élève et les eaux usées non évacuées. De plus, la construction du port a fragilisé le littoral de telle manière qu’une montée des eaux toucherait Nouakchott de plein fouet, selon Banimou Tlayor, de l’ONG Action for Rational Management of the Environment.

Le marché aux poissons de Nouakchott

Le marché aux poissons de Nouakchott fait partie des zones menacées par la montée de l’eau de mer. © Tom Hannen

Selon Bamody Diakité, coordinateur municipal pour le Programme spécial de conservation de la ville, une grande partie de l’eau traitée du fleuve Sénégal se répand dans le sol via les fuites des canalisations archaïques. Finalement, l’utilisation du sable de la plage pour les constructions a creusé 18 passages facilitant l’entrée de l’eau salée vers les dunes qui protègent habituellement de la haute mer. Des dunes qui étaient déjà abîmées sur 15 kilomètres par le vent…

Quelles solutions à la situation ?

Une entreprise chinoise bâtit actuellement une digue pour tenter de protéger ces mêmes dunes. Le gouvernement mauritanien a quant à lui dépensé 8 millions de dollars pour planter une ceinture de végétation protectrice. Il propose aussi de prendre du sable dans la mer pour le déposer sur la plage.

L’ONU craint que la Mauritanie n’ait tout simplement pas les moyens financiers de répondre à ces problèmes. Surtout dans cette  situation extrêmement précaire dont la gravité n’est apparue que tardivement.

Il semblerait que le sort de Nouakchott dépende directement de l’évolution du climat et du réchauffement de la planète. A très court terme…

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