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Green et vert

Wasteland (2011)

Brésil / / Amérique du sud

Vous savez ce que de deviennent nos déchets après qu’on les ait mis dans une poubelle. Ils partent dans une décharge pour être stockés. C’est là que l’histoire devient intéressante. Loin d’être un lieu d’abandon, la décharge peut se révéler être une activité qui permet à certains de survivre. Les créateurs de ce film sont partis à la rencontre de ces “survivants”.

Synopsis : Dans la décharge de Jardim Gramacho, à Rio de Janeiro, les ordures ne sont pas que des déchets. Elles sont aussi un moyen de survie pour des centaines d’hommes et de femmes, les catadores (« charognards », en Portugais). Ces personnes souvent sans ressources recyclent les ordures du quotidien pour survivre. Un artiste new-yorkais d’origine brésilienne, Vik Muniz, a alors une idée. Il photographie les catadores dans des mises en scène réalisées avec leurs outils quotidiens : les ordures de la ville, que tout le monde a oublié sauf eux qui en vivent. Les sommes récoltées lors de la vente des clichés seront reversées ensuite aux catadores.

 

"J'ai pris de la boue, j'en ai fait de l'or" (Baudelaire). C'est exactement ce qu'a fait Vik Muniz dans la plus grande décharge de Rio. © Eurozoom

Contexte : Ce film a le mérite de jeter une lumière crue sur le sort des populations pauvres vivant parmi les ordures, posant à la fois un problème environnemental et social. Le contexte n’est certes pas nouveau, et les combats de sœur Emmanuelle pour les chiffonniers du Caire ont montré comment une population misérable peut vivre de la récupération des ordures de la société, au prix de terribles maladies (en particulier le tétanos). Mais ici, le parti est de montrer que tout n’est pas perdu, et qu’avec ces déchets à priori problématiques on peut faire des miracles économiques. Une forme de valorisation pour le moins originale dans l’une des plus grandes décharges du monde, recyclant 70% des déchets de Rio. On pourrait en tout cas y voir un appel à une politique de recyclage plus intensive et plus efficace que cette collecte sauvage, car ces ordures s’entassent en formant des amas toxiques qui ne cessent de croitre et de se rapprocher de Rio. Au point que l’on envisage (effet du film peut-être ?) de fermer cette décharge en 2012, après 40 ans de service. C’est sans doute la preuve la plus flagrante que les déchets deviennent trop encombrants pour une société, qui semble préférer oublier ses ordures, et qu’il faut envisager une autre solution pour ne pas finir comme les catadores. Car cette décharge géante est loin d’être la seule. Lucy Walker, la réalisatrice, a déjà fait une première visite dans une décharge. Elle a auparavant visité celle de Fresh Kills, à New York, dont elle garde une vision horrifiée de montagnes de déchets plus hautes que la statue de la liberté. On peut aussi penser au cas des déchets de Naples, vu dans le film Gomorrha, traités par des émigrés exploités par la Camorra, la sinistre mafia napolitaine. Le problème n’est pas qu’écologique, il est aussi social. Nombreux sont les catadores qui sont venu s’installer à Jardim Gramacho pour survivre durant la crise des années 1970-1980, construisant même une favela de 13.000 habitants qui aujourd’hui domine la décharge et respire ses miasmes puantes. Il est vrai que depuis, leurs conditions de travail se sont améliorées car leur métier a été officiellement reconnu pour offrir de meilleures garanties de sécurité et de santé. Le gouvernement brésilien a aussi pris des mesures sociales comme l’interdiction du travail des enfants.  Paradoxalement, si la fermeture de la décharge permettra aux catadores de ne plus s’exposer à des produits parfois toxiques, cela signifiera aussi la fin de leur emploi de recycleurs, à quoi les ONG essayent de remédier en leur enseignant de nouveaux métiers.

La décharge géante de Jim Gramacho fermera en 2012. Et les catadores risquent de se retrouver sans emploi. © Eurozoom

Pour plus d’information, rendez-vous sur le site du film


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