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Une entreprise minière "éthique" vend de l’or équitable!

Pérou / / Amérique du sud

Une entreprise minière péruvienne décroche le label international FLO-CERT pour sa production aurifère, grâce à une politique plus respectueuse du droit des travailleurs. L’or extrait de cette petite mine est vendu plus cher et permet de financer des projets communautaires.

Paysage typique de la région péruvienne d'Ayacucho

La région désertique d'Ayacucho, riche en mines d'or, rencontre des problèmes d'approvisionnement en eau. © Lorena Flores Agüero

 

 

 

 

“Pour une exploitation minière à visage humain”, telle est l’inscription qui trône dans le bureau de la SOTRAMI, la société des travailleurs miniers de la ville de Santa Filomena, dans la région d’Ayacucho.

Fondée au siècle dernier par des agriculteurs fuyant la misère, et venus tenter leur chance en cherchant de l’or dans cette région désertique, l’entreprise artisanale regroupe une centaine de mineurs qui extraient chaque mois entre 10 et 15 kilos de métal jaune.

Pour décrocher la certification tant convoitée, les travailleurs de la SOTRAMI ont dû se conformer à près de 200 exigences, qui concernent aussi bien les conditions de travail, la sécurité, le respect de l’environnement ou encore l’égalité des sexes. Le travail des enfants est totalement banni, et tous les mineurs doivent être équipés d’un casque et d’un respirateur.

Salaire doublé

À la différence des exploitations industrielles à ciel ouvert, la mine de Santa Filomena est constituée d’une galerie “à l’ancienne” qui s’enfonce à 900 m sous terre, d’où sont remontés des blocs de pierre contenant le précieux minerai. Ici, le travail s’effectue encore de manière artisanale en perforant la roche, puis en la dynamitant.

FLO-CERT exige que soient respectées les normes environnementales et salariales fixées par l’État péruvien. Pour leur dur labeur, les mineurs reçoivent entre 33 et 50 sols par jour (12 à 18$). Ce qui correspond au double du salaire minimum dans ce pays sud-américain. Tous les travailleurs de la mine bénéficient en plus d’une assurance-maladie.

Une superstition commune à de nombreux pays d’Amérique latine interdit l’entrée des femmes dans la mine. C’est pourquoi celles-ci travaillent à la surface. Leur tâche consiste à sélectionner les roches contenant de l’or parmi les résidus remontés de la mine.

L’or bleu, encore plus précieux

Avec le fameux label de commerce équitable en poche, les lingots produits à Santa Filomena sont revendus à un prix supérieur de 10% au cours mondial. Une plus-value qui sert à payer les travailleurs à un prix plus juste, et à monter des projets sociaux au niveau local.

Comme le stipule la charte FLO-CERT, les femmes sont tenues de participer au processus de décision concernant l’allocation de ces fonds. Les habitantes de cette bourgade désertique souhaitent en particulier avoir un accès à l’eau dans leur ville,. Jusqu’à présent, chaque goutte du précieux liquide doit en effet parcourir en camion 7 km depuis le village voisin.

Un rêve qui pourrait bientôt se concrétiser grâce au commerce équitable de l’or. Il s’agirait alors d’un véritable retour en grâce du métal jaune, dont l’exploitation a toujours été jusqu’à présent synonyme de pillages de richesses et de désastres écologiques.

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