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À la redécouverte des technologies préhispaniques oubliées

/ Amérique du sud

Des centaines de kilomètres de canaux et près de 700 bassins permettaient aux premiers habitants de l’Amazonie bolivienne d’obtenir d’incroyables rendements agricoles, tout en atténuant l’impact des inondations et des sécheresses. Une ONG américaine réhabilite avec succès ces techniques complexes, qui pourraient rapidement s’exporter vers d’autres régions du globe.

Peinture de Dan Brinkmeier sur la vie préhispanique en Bolivie.

Peinture décrivant la vie de tous les jours dans la l'Amazonie bolivienne préhispanique. © Dan Brinkmeier | Field Museum of Natural History, Chicago, USA

Un survol du département du Beni, au nord de la Bolivie, permet d’apercevoir plus de 200 km de canaux ainsi que des centaines de bassins rectangulaires, tous orientés dans la même direction. Des infrastructures centenaires.

En unissant des secteurs de même altitude grâce à d’immenses digues, l’eau qui inonde le Beni durant la moitié de l’année était piégée puis drainée vers des zones plus petites servant à la fois de réserves d’eau et de bassins pour l’élevage de poissons.

Selon les calculs de la fondation Kenneth Lee, cette technique aurait permis d’irriguer et de fertiliser plus d’un million d’hectares de terre-pleins : de quoi nourrir une population 40 fois plus importante que celle qui vit au Beni à l’heure actuelle.

Rendement agricole “exceptionnel

Grâce à la création d’une ONG baptisée “Amazonie durable”, la fondation Kenneth Lee a développé un système s’inspirant de cette technologie préhispanique dans la ville de Trinidad afin de contribuer au développement durable de l’agriculture dans la région.

Et les résultats ne se sont pas fait attendre. Oscar Saavedra, disciple de Kenneth Lee et chargé du projet, explique que son système de “biotechnologie hydroagricole durable” offre des rendements exceptionnels.

Ainsi, un hectare cultivé selon la méthode de terre-pleins modernes produirait 120 tonnes de yuca (plantes vivaces ; contre 9 sans irrigation) ou permettrait de nourrir 25 têtes de bétail, alors qu’un seul animal nécessite habituellement plusieurs hectares pour subsister.

Nouvelles activités

Mieux encore, les bassins créent un nouvel habitat où peuvent se développer 400 kilos de poissons à l’hectare, sans qu’il soit nécessaire de les alimenter. Peu à peu, la faune et la flore colonisent à nouveau les sols et permettent de créer des terres cultivables.

Contrairement à l’agriculture moderne qui appauvrit les sols, le système d’Oscar Saavedra fertilise les terres les plus dégradées, y compris des zones totalement argileuses qui ne servaient plus qu’à la fabrication de briques ou de tuiles.

Les familles impliquées dans le projet reçoivent un salaire durant toute la période de construction des terre-pleins et au cours de l’auto-fertilisation. Par la suite, elles peuvent subsister grâce à la vente des excédents de leur production, une fois les terres exploitables.

Une technique exportable

De plus, la mise en œuvre de ces techniques réduit considérablement la vulnérabilité de la région aux conséquences du réchauffement climatique, notamment aux inondations et aux sécheresses, dont la fréquence et l’intensité augmentent chaque année.

Construction de canaux expérimentaux dans le département du Beni.

Construction de canaux expérimentaux à Bermeo, dans le département du Beni. © Fondation Kenneth Lee

Oscar Saavedra a par ailleurs été sollicité dans le cadre du projet de réhabilitation de la baie de Cohana, au bord du lac Titicaca, afin qu’il conçoive un système adapté aux conditions des écosystèmes andins, en suivant les principes déjà appliqués en Amazonie.

Encouragée par les excellents résultats de l’initiative bolivienne, une agence de coopération anglaise a annoncé son intention d’implémenter ces techniques dans d’autres régions du monde, notamment en Afrique et au Bangladesh.

intercambioclimatico.com

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