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Vers l’obligation de récupérer l’eau de pluie dans les résidences?

/ Asie

Le 23 juin dernier, Pékin a été victime d’inondations majeures. Pourtant, la ville souffre toujours d’un cruel manque d’eau potable. Alors, pourquoi ne pas imposer aux constructions nouvelles de récupérer l’eau de pluie? Ceux qui l’on fait ont des résultats impressionnants. Reste à légiférer…

L’avenir de la capitale chinoise dépend pour une large part de sa capacité à étancher sa soif. Ses ressources en eau par an et par habitant s’élèvent à 210 mètres cube, soit 1/10 de la moyenne nationale et 1/40 de la moyenne mondiale… Toutes les solutions sont envisagées : ouvrage gigantesque de dérivation du sud vers le nord, usines de désalinisation de l’eau de mer, chasse au gaspillage, circuits d’eau recyclée…

Mais par moments, Pékin a trop d’eau : quand la pluie arrive, c’est en quantité. Le 23 juin dernier, puis plusieurs fois pendant le mois de juillet, des pluies diluviennes ont complètement paralysé la capitale. On a vu des chutes d’eau dans le métro, la “mer” dans la cité interdite, des voitures flotter sous les ponts… Certains ont mis 6 ou 8 heures pour rentrer chez eux, à pieds sous le déluge.

Égouts inadaptés

Pourquoi une telle ampleur ? Deux causes sont avancées : la trop grande importance accordée au béton et la faiblesse du système d’évacuation. Le bétonnage (routes, places, constructions) empêche l’eau de s’infiltrer dans la terre. Cela empêche au passage de reconstituer les réserves d’eau souterraines de la ville.

D’autre part l’eau est forcée d’être évacuée par les mêmes canaux. Les égouts de Paris qui ont aussi fonction d’évacuation de l’eau de pluie sont si grands qu’on peut s’y tenir debout. Ceux de Pékin sont des tuyaux de quelques dizaines de centimètres de diamètre au plus. Dans ces conditions, l’eau s’accumule sur les routes, les places, dans les jardins, donnant des scènes impressionnantes comme on l’a vu fin juin.

La Cité Interdite envahie par les eaux! La Cité Interdite envahie par les eaux, le 23 juin dernier ! © Hottest-review.com

Pourtant, une solution existe pour étancher la soif de Pékin tout en réduisant l’impact de ces pluies de mousson : la récupération de l’eau de pluie. Selon les experts en la matière, en étant développé à 100%, le concept pourrait permettre de récupérer 230 millions de mètres cubes d’eau par an. Or les installations actuelles ne permettent de récupérer que 13,8 millions de mètres cubes.

L’exemple “Shuangzi”

D’où les appels à imposer aux promoteurs immobiliers la construction d’équipements de récupération de l’eau de pluie dans tous leurs programmes résidentiels ou commerciaux. Des membres de l’assemblée populaire de Pékin ont déclaré devant des journalistes qu’ils demanderaient qu’un tel règlement soit adopté.

Car un bon système de récupération, ça fonctionne ! Les journalistes du Quotidien du peuple (Renmin Ribao) sont notamment allés visiter la résidence “Shuangzi”, un bâtiment “vert” construit en partenariat avec un institut technologique allemand.

Au milieu des quelques bâtiments qui abritent 580 appartements, un grand jardin commun avec un petit lac au milieu. Toutes les gouttières y conduisent. Les allées de promenade et le parking sont en briques poreuses, l’eau peut ainsi pénétrer le sous-sol. Le reste coule vers le lac artificiel. L’eau de ce lac permet d’alimenter les 14 WC communs de la résidence, la station de lavage de voitures, le système d’arrosage des espaces verts.

Résultat des courses : le 23 juin, on avait les pieds au sec à “Shuangzi”. De l’autre côté du mur, une résidence “classique” était inondée. D’autre part, selon le syndic de la copropriété, les économies d’eau sont substantielles : près de 500 mètres cubes par an.

Légifération nécessaire?

Dans ce contexte, pas étonnant que la municipalité réfléchisse à généraliser la pratique. D’autant plus que le coût de la récupération et de la purification de l’eau de pluie paraît raisonnable : 0,2 yuans (2,19 cents) par tonne, contre un coût de 2 yuans par tonne pour les systèmes de recyclage de l’eau et 5 à 6 yuans par tonne pour la désalinisation de l’eau de mer.

Les promoteurs estiment malgré tout que cela est encore trop cher. Le législateur local saura peut-être faire entendre raison aux puissants lobbies des métiers de l’immobilier, qui n’ont qu’une chose en tête : réduire leurs coûts, encore et toujours…

people.com.cn

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