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Pour une Coupe du Monde 2014 et des JO 2016 "propres"

Brésil / / Amérique du sud

La « propreté » évoquée est avant tout fiscale, à défaut d’être environnementale. Elle vise à répondre aux inquiétudes d’une population qui voit les affaires de corruption se multiplier. Un site Internet vient d’être lancé pour réunir des informations, des commentaires, et d’éventuelles dénonciations d’irrégularités sur les investissements publics réalisés pour la Coupe du Monde 2014 et les JO 2016.

Manifestation contre Ricardo Teixeira à Sao Paulo

13 août, São Paulo : manifestation contre le Président de la Fédération brésilienne de football Ricardo Teixeira, soupçonné de corruption. © Instituto Ethos

Le 20 juillet dernier, le site « Jogos Limpos » (« Jeux propres ») est officiellement lancé. Celui-ci fonctionne comme un portail d’informations sur l’agenda des activités des comités régionaux. L’objectif est d’avoir plus de transparence sur les budgets et les dépenses, l’origine des fonds, l’analyse des risques des contrats, l’avancement des travaux…

Bref, un outil de suivi pour une société civile qui n’est pas dupe quant à la généralisation des pratiques de corruption sur les grands marchés publics brésiliens. Lisiane Braecher, représentante du Ministère Public Fédéral, salue l’initiative :

La démocratie ne consiste pas uniquement à voter. Des projets comme celui des « Jeux Propres » sont importants pour stimuler la participation de la population dans le processus de transparence.

Soutien de l’ONU

Le projet bénéficie d’un budget de 3 millions de dollars (environ 2 millions d’euros) pour mener des actions de transparence, d’intégrité et de contrôle social sur les investissements d’infrastructures. Il peut aussi compter sur l’appui des Nations Unies à travers le Bureau central du Pacte mondial, à New York, et le Bureau des Nations Unies sur les Drogues et Crimes (UNODC).

Le projet s’articule autour de 4 axes principaux :

  1. Accords entre entreprises de 4 secteurs d’activité : équipements hospitaliers, construction civile, énergie et transport. Ces accords permettent la mise en place de mécanismes d’autorégulation afin de créer des conditions de marché justes et transparentes, grâce à des règles de business claires et propres.
  2. Indicateurs Municipaux de Transparence publiés sur le site avec les dépenses réalisées.
  3. Pacte Municipal de Transparence. Les candidats aux élections municipales de 2012 seront invités à signer une lettre d’engagement qui garantit une transparence totale des dépenses et le respect des objectifs fixés par les indicateurs.
  4. Création d’instruments de contrôle social. Principalement sous forme de publications sur le site expliquant de manière simple comment lire un contrat d’appel d’offres ; et quelles sont les manières employées pour contourner ces contrats et en détourner les budgets. Le site proposera aussi un espace de dénonciation ouvert à la population.

L’idée de nommer un “Ambassadeur de la transparence” pour les grands événements de ce type à également été soumise à l’ONU.

Le pays du ballon rond… et de la corruption!

Cependant, la transparence n’est pas une notion encore entrée dans les mœurs au Brésil. Pour preuve, l’attitude du Président de la Fédération brésilienne de football. Ricardo Teixeira clame haut et fort que le budget de sa fédération est « privé », oubliant que l’équipe nationale fait partie intégrante du patrimoine « public » du pays.

De nombreux projets sont actuellement paralysés suite à des problèmes de corruption ou de financement. C’est notamment le cas de l’aéroport de Natal ou du nouveau stade de São Paulo.

 

ethos.org.br

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