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Green et vert

Nausicaä de la vallée du vent (2006)

Japon / / Asie

Mieux vaut ne pas se fier aux apparences, car derrière son allure de dessin animé pour enfants, ce film est surtout un film de science-fiction très sombre, digne de La planète des singes. La terre a été ravagée par la guerre à outrance et les survivants se retrouvent confrontés à une espèce végétale rendue folle par la pollution engendrée suite aux combats. Celle-ci se comporte comme une bête dégénérée et meurtrière dévorant toute autre forme de vie sur son passage.

Synopsis : Dans un futur indéterminé, notre planète tire une drôle de mine. Et pour cause, elle a été ravagée par une guerre et un cataclysme que les survivants ont appelé les « sept jours de feu » (nucléaire, s’entend). Ces survivants ne sont d’ailleurs pas au bout de leurs peines car la guerre a donné naissance à une forêt mutante, qui ne cesse de grandir en dévorant toute autre forme de vie sur son passage comme un cancer vert engendré par les rejets de la guerre. Le seul espoir pour les humains est une princesse nommée Nausicaä, capable de communiquer avec les autres espèces vivantes.

Contexte : Ce film d’Hayao Miyazaki est un véritable triomphe critique et public dès sa sortie. Il est l’adaptation du manga éponyme écrit et dessiné en 1982 par le même Miyazaki. Il est diffusé tardivement en France, en 2006, alors qu’il a été réalisé en 1984. Ce qui lui donne une vision quasi-prophétique : il est sorti seulement deux ans avant la catastrophe nucléaire de Tchenobyl (ou 5 ans avant la catastrophe de Fukushima pour la France). L’auteur est d’ailleurs un écologiste convaincu et la thématique de l’écologie est déjà présente dans de nombreux films qu’il a réalisé, en particulier Princesse Mononoké (2000) ou Pompoko (2006). Là encore il est question du rapport des hommes à la nature et de la nécessité d’une cohabitation harmonieuse. Ce film rejoint assez la thématique du manga Origine (sorti la même année) sur l’idée d’un conflit entre les hommes et la nature. Il faut croire qu’il en a aussi inspiré d’autres, comme Phénomènes (2007) de M. Night Shamalyan où la nature se venge des hommes en les poussant au suicide. Plusieurs mangas ont d’ailleurs une certaine sensibilité écologique. Ils parlent de la nature, comme ici, ou en montrent des solutions d’avenir comme la ville d’Olympus (l’éco-agglomération par excellence d’Appleseed).

Nausicaä est un des premiers films du réalisateur à aborder la question du nucléaire, sujet éminemment sensible au Japon. Seul pays au monde à avoir connu la bombe atomique à des fins militaires, et en 2011, une nouvelle catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima. Même si la menace d’un conflit nucléaire s’est éloignée avec la fin de la guerre froide, le nucléaire reste un danger public. Reste à en sortir sans trop de casse, ce qui n’est pas encore gagné.


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