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Des bactéries OGM pour détecter l’or

/ Amérique du sud

Une souche d’Escherichia Coli modifiée génétiquement émet une lumière fluorescente en présence du précieux métal. Une découverte qui permettra peut-être de minimiser l’impact environnemental des activités minières de prospection et d’extraction de l’or.

Le mythe de Danaé et de la pluie d'or.

Bientôt, pluie d'or pour tous ? Comme dans le mythe de Danaé, peint ici par Jan Gossaert au début du XVIème siècle. © Mathiasrex

Des bactéries développées dans les laboratoires de biologie moléculaire de la ville de Rosario sont capables d’émettre une lumière verte fluorescente au contact de l’or. Grâce à cette propriété, les scientifiques espèrent mettre au point de nouveaux appareils de détection ultrasensibles, destinés à l’industrie minière.

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs se sont intéressés à la bactérie Salmonella Typhimurium, capable de survivre dans un milieu contaminé par de l’or. “Celle-ci possède des mécanismes spécialisés qui détectent l’or afin de déclencher une production de protéines éliminant le métal de l’intérieur de la cellule”, explique Susana Checa, chercheuse à l’Institut de biologie moléculaire et cellulaire de Rosario (IBR).

En utilisant des techniques de génie génétique, il a alors été possible de modifier la réponse de la bactérie afin qu’elle produise des protéines vertes fluorescentes en présence du précieux métal. À ce stade, les chercheurs ont été confrontés à une autre difficulté : celle de l’innocuité de la bactérie, puisque les salmonelles sont extrêmement pathogènes.

Extrême sensibilité

Pour contourner ce problème, ils ont commencé à travailler sur une souche inoffensive d’Escherichia Coli, dans laquelle ils ont réussi à transférer à la fois le système de détection de l’or et le mécanisme de réponse modifié permettant l’émission de lumière.

Selon Susana Checa, ces nouvelles bactéries sont extrêmement sensibles et peuvent détecter des quantités d’or infinitésimales. Le tout sans être affectées par la présence d’autres métaux comme le cuivre ou l’argent, généralement présents dans le minerai d’or.

L’intensité lumineuse étant proportionnelle à la concentration en or, le procédé permet de mesurer avec précision la richesse d’un échantillon. Toutefois, le métal doit être dissous pour être recherché grâce à cette méthode. Cette dernière reste donc réservée à la détection dans les cours d’eau voisins des zones de dépôts aurifères. La chercheuse se veut enthousiaste :

Cette découverte est un premier pas vers la fabrication de nouveaux outils biotechnologiques qui serviront à détecter l’or présent dans des dépôts minéraux ou des sites proches, et amélioreront l’efficacité des méthodes d’exploitation, afin de minimiser les risques de pollution environnementale engendrée par les pratiques d’extraction minière conventionnelles.

La prochaine étape consistera à développer des dispositifs équipés de puces électroniques ou de fibres optiques afin de détecter la lumière émise par la bactérie.

lanacion.com.ar

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