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L’économie solidaire sera un des piliers du programme "Brésil sans Misère"

Brésil / / Amérique du sud

Lancé le 2 juin dernier, le programme gouvernemental « Brésil sans Misère » s’appuiera sur trois piliers : distribution des revenus, inclusion par le travail et accès aux services publics. Dans ce cadre, des actions sont mises en place afin de créer de l’emploi par le biais de l’économie solidaire.

Joaquim de Melo est le secrétaire général de l’Institut Palmas, organisation de la société civile brésilienne qui gère et propage les pratiques de l’économie solidaire.  Il lui incombe ainsi d’analyser le rôle de ce secteur dans ce qui est à ce jour le programme le plus important du mandat de la nouvelle présidente Dilma Rousseff : « Brasil sem Miséria » (« Brésil sans Misère »).

Selon lui, l’économie solidaire a pour principe de trouver des solutions à la misère au sein même des communautés pauvres. Ceci par la création de marchés où l’offre et la demande se confrontent au même endroit, poussant ainsi les acteurs à produire plus et à consommer plus. Au Brésil, on les appelle réseaux de « prosumatores » (néologisme formé à partir des mots « producteurs » et « consommateurs »).

Cercles vertueux

Les échanges se déroulent donc au sein d’une même communauté ; avec sa propre banque, qui finance la production et le commerce par des lignes de crédits, pour une consommation locale. C’est alors un véritable cercle vertueux qui se crée, où la richesse circule au même endroit. Comme le dit le professeur Paul Singer (secrétaire national à l’ Économie solidaire) : « personne ne sort de la pauvreté seul ».

Cependant, le plus urgent est de mettre en place des pratiques concrètes d’organisation de la communauté, terreau de l’entrepreneuriat collectif. D’un côté, le capitalisme prône la compétition, la performance, pour gagner des parts de marché : l’un gagne, l’autre perd. Il n’y a pas d’espace pour deux. De l’autre, l’économie solidaire prône le contraire.

La force du nombre

Il est beaucoup plus rentable d’être solidaire que compétitif. Il est plus facile de survivre par des actions économiques collectives qu’isolées. Il faut donc penser à des formes collectives de commercialisation et de production, ainsi qu’à un crédit collectif, via des banques communautaires, des coopératives de crédit, des fonds solidaires. Il y a aujourd’hui 22 000 expériences d’entreprises d’économie solidaire au Brésil.

Cependant, il est important de rester concret en montrant à la population comment s’organiser et trouver des solutions aux problèmes locaux. L’Institut Palmas a accordé des crédits à 2000 familles, sans bureaucratie ni justificatif de revenu. Les familles participent au Forum économique local et votent chaque semaine pour décider du futur de la communauté. D’après Joaquim de Melo, le programme « Brésil sans Misère » doit mettre l’accent sur deux points :

  1. Organiser des actions concrètes
  2. Relever l’estime de soi des plus pauvres. Car pour sortir de la misère, il faut d’abord en avoir la volonté.

revistaforum.com.br

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