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Plus d’exploitation minière et pétrolière sans l’accord des peuples autochtones

Votée à l’unanimité par le Parlement, une loi obligera désormais l’État à consulter les communautés indigènes avant tout projet prévoyant l’exploitation des ressources naturelles situées sur leurs territoires ancestraux. Reste à connaître les conditions d’application de cette mesure, qui détermineront sa véritable portée.

Les peuples autochtones péruviens ont salué l’approbation mercredi 24 août d’une loi imposant une consultation préalable des communautés indigènes avant le lancement de tout nouveau projet forestier, pétrolier ou minier susceptible d’affecter leurs droits collectifs.

Il s’agit du premier texte voté par ce parlement sud-américain depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président Ollanta Humala. Celui la même qui s’est engagé au cours de sa campagne à agir en faveur des minorités et à lutter contre l’extrême pauvreté qui touche son pays.

Avant de crier victoire, les représentants des peuples autochtones attendent toutefois que la loi soit réglementée et que soient définies ses modalités d’application. L’un d’entre eux, Walter Aduviri, s’explique :

Si les populations décident de dire non à l’investissement d’une multinationale, l’État devra respecter cette décision. S’il en est ainsi, les problèmes socio-environnementaux diminueront. Mais s’il ne s’agit que d’une consultation, si la population dit non et que l’État impose quand même le projet, ce serait très grave, car c’est ce qui se passe déjà aujourd’hui.

Ce dirigeant autochtone de la région méridionale du Puno sait de quoi il parle, puisqu’il a mené de fortes protestations au début de l’année afin de faire interdire un projet minier dans sa région.

Moins d’investissements à venir?

De son côté, Ismael Benavides, ex-ministre de l’Économie, considère cette loi comme une menace potentielle pour le pays, capable de faire fuir les investisseurs étrangers :

Le secteur minier devrait attirer à lui seul plus de 42 milliards de dollars au cours des prochaines années, mais si cette loi revêt un caractère obligatoire, elle générera plus de peur qu’il n’en existe déjà.

Jusqu’à présent, l’État se contentait d’accorder des concessions aux multinationales et laissait ensuite ces dernières négocier leurs conditions d’installation directement avec les habitants des zones concernées.Ce manque de réglementation en faveur des peuples autochtones est à l’origine de nombreux conflits et de graves affrontements.

De graves affrontements eurent ainsi lieu en juin 2009, suite à la vente de territoires appartenant à des peuples natifs d’Amazonie à des compagnies pétrolières. Ces mouvements de protestation avaient entraîné la mort de 34 personnes dans la localité amazonienne de Bagua : 24 policiers et 10 indigènes.

elcomercio.pe

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