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Des immeubles autogérés

/ Europe

En Russie comme dans le reste de l’ex-URSS, de nombreuses maisons d’habitation sont en piteux état. Construites par l’État à l’époque soviétique, les appartements que ces immeubles renferment ont été distribués à la chute du régime, mais les parties communes n’appartiennent plus à personne. Elles sont donc très souvent dégradées. Habituellement, leur gestion est confiée à des sociétés privées ou mandatées par les autorités, pas toujours pressées de remettre les maisons en état. Mais certains habitants, locataires ou propriétaires, ont décidé de prendre eux-même en charge leur immeuble, par un système basé sur la solidarité et la mise en commun des moyens. Et ça marche !

 

 

 

 

 

Habitation d'Astrakhan. A Astrakhan, de nombreuses habitations sont toujours dans un état insalubre, n’ayant pas encore profité de système d’autogestion. © Helen Flamme (Flickr.com)

 

 

 

 

 

Astrakhan, à l’ouest de la Russie. Porté par un réseau de militants et de délégués, le système des maisons autogérées se développe en Russie. Le correspondant de l’Institut d’Action Collective (IKD) est allé à la rencontre de ces responsables d’immeubles informels (le plus souvent ce sont des femmes), désignés par les résidents. “Voyez-nos entrées, allez dans nos sous-sols…” Ces gens là sont fiers d’accueillir des visiteurs chez eux.

Ces délégués estiment (contrairement aux députés et aux lobbyistes des firmes de gestion privée) que plus la maison est grande, plus il est possible de l’améliorer. Surtout, insistent les locataires, quand les habitants font tout eux-même, sans l’intervention d’une société de gestion. “C’est mieux quand nous nous y mettons tous, et c’est surtout moins cher”, affirment les locataires.

Souvent, l’initiative démarre dans des immeubles accueillant une population très pauvre. D’autant plus que les gens ont vite été convaincus que prendre le contrôle de leur maison était très rentable. Et c’est parfois le seul moyen de garder l’immeuble debout.

4 ans de gestion directe, et efficace!

Un exemple : deux maisons, situées rue Polytechnique. Elles ont été abandonnées par les divers services et autorités datant de l’époque de leur construction, au début des années 90. Oubliées par tous, ces maisons seraient en plein déclin si elles n’avaient pas trouvé des résidents enthousiastes et actifs pour convaincre les autres que l’on peut remettre debout et en état sa propre maison.

“Personne ne nous aide”. Et pourtant, ils ont réussi à faire beaucoup depuis que l’immeuble est passé en “gestion directe”, se passant de l’intervention d’une société privée, en 2006. Le toit a été complètement réparé, les tuyaux isolés, et le système de chauffage ainsi que l’électricité remis sur pied. Il y a même de la lumière dans les parties communes (c’est loin d’être toujours le cas dans les immeubles en Russie, ndlr).

Tout cela réalisé en quatre ans avec un pot commun, alimenté par les habitants eux-même : 6 roubles [15 centimes d'euros] par mètre carré (les deux premières années), puis 8 roubles [20 centimes d'euros] les deux années suivantes. Pourtant, Tatyana Kokin, déléguée de l’immeuble reste modeste : “Nous sommes loin d’avoir fini”.

IKD : Depuis que l’immeuble est passé en autogestion, de quoi êtes-vous la plus fière ?

Tatiana Kokin : Le toit ne coule plus, c’est une première chose, et les maisons sont isolées. Nous avons également entièrement repensé le chauffage dans les deux maisons, même dans les appartements, aux frais des habitants, mais de manière organisée, en faisant tout ça ensemble. Nos hommes ont fait les travaux inférieurs de câblage.

IKD : Comment faire ça avec si peu de moyens?  En effet, il y a seulement 40 appartements par maison, et le tarif de 8 roubles par mètre carré est très faible !

TK : Cela ne se fait pas en un an, c’est sûr. Pour réparer le toit et le système de chauffage, cela nous a pris 3 années. Les gens ont fait un paiement anticipé et nous avons pu rassembler 4000 roubles. Nous avons rénové un appartement, puis l’autre. Une maison, puis l’autre… Et tout ça va revenir aux gens qui ont payé.

IKD : C’est beaucoup de travail pour un délégué d’animer ce système ?

TK : Oui, et c’est en plus de mon emploi principal. Mais aujourd’hui, nous avons une vie meilleure. Les gens ont commencé à comprendre que ce que nous faisons est bon pour tous. Au début, on pensait, bon, on va embaucher quelqu’un. Puis nous avons réalisé que si nous le faisions nous-même, nous allions payer moins. Dans l’immeuble, nous avons nos propres électriciens, serruriers, plombiers, sans compter leurs enfants. Bien sûr, si il faut faire de la soudure, on appelle quelqu’un de l’extérieur. Mais on a même appris à débloquer les canalisations!

ikd.ru

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