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Quand le Musée des beaux-arts de Montréal allie culture, patrimoine et DD

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Culture, patrimoine et développement durable font consensus aujourd’hui. Il s’agit surtout de trouver des solutions pour conserver la mémoire d’une région ou d’un pays, tout en l’articulant entre les temps présent, passé et futur dans une logique de transmission et de solidarité intergénérationnelle. L’inauguration, le 14 octobre 2011, du nouveau pavillon du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) consacré aux arts québécois et canadien converge dans ce sens.

Protection du patrimoine et développement durable : même combat

Bien sûr que la culture et le patrimoine alimentent la vie d’un quartier ou d’une ville. Ils produisent des emplois, génèrent des revenus par la fréquentation touristique de ses monuments, expositions, sites patrimoniaux ou festivals. Mais ils sont surtout gardiens d’une mémoire qui participe au renforcement d’un sentiment d’appartenance à une identité. Garants aussi de l’image de marque d’une ville, d’une région ou même d’un pays, ils sont la transmission d’une histoire à travers l’Histoire.

La protection du patrimoine semble alors indissociable du développement durable, car dans sa culture demeurent des objets, des toiles, des représentations de styles de vie, des symboles, des traditions… Elle oblige donc les villes et les collectivités à prendre conscience de leur héritage ainsi qu’à trouver des solutions pour le préserver pour l’avenir.

Culture et patrimoine

Selon une définition anthropologique, la culture englobe le mode de vie des habitants d’une communauté. Elle comprend alors l’ensemble de leurs habitudes et coutumes (croyances, langue, valeurs partagées, savoir…), de leur vécu et de leur patrimoine. Considérée dans un sens plus commun, la culture désigne toutes les formes d’expression d’une société (les arts, les lettres…).

Le patrimoine, quant à lui, est non seulement culturel et matériel, mais il est aussi immatériel. Par exemple, le savoir-faire d’une communauté est considéré comme une partie de leur patrimoine. Aujourd’hui, le patrimoine reflète donc autant une culture vivante que les vestiges et héritages du passé.

Un nouveau pavillon au MBAM

Les deux notions de patrimoine et de développement durable apparaissent ainsi en phase à travers certains projets montréalais comme celui du Musée des beaux-arts de Montréal.

Le patrimoine religieux au Québec est l’un des plus importants. Son Histoire étant fortement liée au christianisme, les églises y ont pullulé. Après quoi, un détournement de la religion a entrainé une désertification des églises dans les années 60, appelée la « révolution tranquille », qui s’est poursuivie par un abandon de nombreux de ces lieux de culte… Que faire dans ce cas? Préserver le patrimoine ou démolir pour construire des logements quand la ville fait face à une population grandissante?

Le patrimoine architectural contribue fortement au paysage d’une ville et dans ce contexte le MBAM a décidé de préserver un bâtiment historique, l’église Erskine and American fermée au culte depuis 2004, et de le transformer en patrimoine culturel intégral en y installant sa collection de 600 œuvres d’art québécois et canadien sur un parcours de six étages qui met en valeur chaque période historique marquante de l’histoire du Québec. Nathalie Bondile, directrice du musée, témoigne :

Au début du projet, au-delà de l’expansion du musée, il s’agissait surtout de pouvoir sauver un bâtiment patrimonial. Vous savez qu’il y a un enjeu patrimonial très fort, et c’est un enjeu éthique. C’est un choix très généreux que le musée a fait de conserver ce bâtiment d’intérêt majeur pour en faire un lieu d’exposition.

De plus, la nef de l’église a été restaurée en une salle de concert unique afin d’apporter une autre dimension artistique au musée. Sous la bienveillance des vitraux restaurés de Tiffany, elle offre ses 444 places dans un univers visuel de beauté et d’acoustique uniques. Jean Des Rochers, conservateur des arts québécois et canadien, :

Toute ville fantasmée que l’on fréquente ou que l’on habite se révèle en partie dans ses collections d’œuvres d’arts. Si l’on s’attarde à la production locale, elles ont d’autant plus d’attraits qu’elles mettent souvent en lumière une société originale et méconnue. Le musée a des racines suffisamment profondes pour présenter un panorama riche et complexe du milieu qui l’a vu naître.

Christine Lacaze

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