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Montée en puissance de l’efficacité énergétique en Occident

/ Europe

L’institut de sondages Harris Interactive et Rexel, le leader mondial de la distribution de matériel électrique, ont présenté jeudi 13 octobre à Paris le premier baromètre  “international” de la perception de l’efficacité énergétique par les consommateurs. L’étude menée en juillet 2011 auprès de 4000 personnes réparties équitablement en France, au Royaume-uni, en Allemagne et aux États-Unis fait ressortir de manière générale l’enjeu important que représente l’efficacité énergétique.

L'efficacité énergétique aux USA.

Classement des États américains les plus efficaces en matière d'énergie. © American Council for an Energy-Efficient Economy

Prise de conscience

Il est important de rappeler que cette étude concerne 4 des plus grandes puissances économiques mondiales. La même enquête en Afrique ou en Asie, où  l’approvisionnement en énergie représente souvent un défi quotidien, ne donnerait pas de résultats aussi réjouissants. On peut en effet se féliciter de la prise de conscience, dans les contrées occidentales les plus développées, de cet enjeu énergétique.

Dans les pays concernés, 9 citoyens sur 10 déclarent faire attention à leur consommation et accorder de l’importance à l’efficacité énergétique. Un bon moyen, selon les sondés, de protéger l’environnement et de réduire leurs dépenses. Jean-Marie Chevalier, chercheur au Centre de Géopolitique de l’Énergie et des Matières Premières (CGEMP) de l’Université Paris-Dauphine, insiste sur ce deuxième aspect, économique :

Les prix de l’électricité et de l’énergie vont augmenter de manière dramatique. De 20% à plus de 50% d’ici 2030 selon diverses études. Cela pose le problème de la précarité énergétique pour les foyers les plus défavorisés. 13% d’entre eux sont déjà concernés aujourd’hui, en France.

Changement de comportement

Pour promouvoir l’efficacité énergétique et affronter cette inflation, les citoyens comptent sur l’action de multiples acteurs. Sont plébiscités (plus de 80% d’avis favorables) : les producteurs et distributeurs, les fabricants de matériel électrique, les architectes et promoteurs, les entreprises, ou encore les collectivités locales et l’État. Ces deux dernières entités étant cependant moins sollicitées par les Américains (respectivement 71% et 76%), moins adeptes de l’interventionnisme.

Mais avant tout, plus de 90% des sondés comptent sur eux-mêmes. Beaucoup adoptent déjà un comportement adéquat ou sont en passe de le faire, même si la tendance est moins nette dans les pays anglo-saxons. 79% des Allemands, par exemple, optimisent l’utilisation de leur lave-linge, et 77% utilisent des multiprises avec interrupteur (contre, respectivement, 52% aux États-Unis, et 31% au Royaume-Uni). Quant aux ampoules “basse consommation”, elles sont entrées dans les mœurs (de 69 à 80% d’acheteurs). Ce qui laisse entrevoir à Jean-Charles Pauze, président du Directoire de Rexel, des lendemains heureux :

L’information est en marche, et surtout le consommateur est en marche. Nous sommes donc très confortés dans notre position afin d’offrir des solutions en faveur de l’efficacité énergétique. Ce qui est important est la mise en place d’une offre variée.

Des freins économiques

Coût de l'énergie. © Commission européenneLe consommateur adopte de plus en plus de gestes écologiques. Mais il déplore encore le manque d’information sur le sujet. Plus d’un tiers des Britanniques veulent ainsi en savoir plus sur les prix et les produits (26% en France). Un quart des Français souhaite apprendre les petits gestes du quotidien qui font la différence, contre seulement 16% des Allemands. 32% des Américains et 31% des Britanniques désirent s’informer sur les travaux d’aménagement pour améliorer l’efficacité énergétique de leur habitat.

Le principal frein au développement est un frein financier. Pour plus de 30% des sondés, tous pays confondus, les leviers de l’efficacité énergétique sont principalement les suivants : les incitations financières sous toutes leurs formes, et les économies réalisées. Paradoxalement, le professeur Jean-Marie Chevalier considère la hausse des prix comme un mal pour un bien :

Une augmentation substantielle du prix de l’énergie permettrait de développer plus rapidement les énergies renouvelables et de financer des équipements efficaces pour les foyers précaires.

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