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Gucci accusé d’exploiter son personnel sans vergogne

Chine / / Asie

La marque de luxe qui fait des bénéfices impressionnants sur le marché chinois ne semble pas vouloir en faire profiter ses employés locaux. Une lettre d’anciens vendeurs accuse : permission nécessaire pour boire un verre d’eau, femme enceinte de 7 mois qui doit travailler de nuit, heures supplémentaires non payées… Enquête.

Boutique Gucci à Pékin.

Des militaires chinois paradent devant une boutique Gucci à Pékin en 2009. L'ambiance à l'intérieur serait aussi rigide selon des employés de la griffe italienne. © gadgetdan (Flickr.com)

Ce n’est pas la première fois que cette société faisant partie du groupe français PPR est accusée de pratiques proches de l’esclavagisme envers son personnel chinois. Pendant les premiers jours d’octobre, deux affaires successives ont déclenché une série de dénonciations acerbes dans les médias chinois.

C’est d’abord une employée d’un magasin de Pékin qui a osé – fait bien rare dans la République populaire – attaquer son employeur en justice pour non paiement d’heures supplémentaires. Pratique pourtant tellement répandue qu’elle semble être devenue la norme pour les patrons chinois.

Bénéfices en hausse, mais régression sociale

Ensuite, 5 anciens employés du magasin phare de la marque à Shenzhen ont publié une lettre ouverte accusatrice. La plupart des 100 faits reprochés à la société sont graves. Des révélations qui font froid dans le dos et qui ont poussé la presse à affubler la marque italienne du surnom « d’usine de la sueur et du sang ». En voici quelques exemples :

  • Pour boire un verre d’eau, un vendeur a besoin de demander l’autorisation à son supérieur. Il doit le tenir au courant à chaque fois qu’il va aux toilettes.
  • Les femmes enceintes doivent rester debout pendant des heures sans aucun aménagement pour leur condition. Une femme dont la grossesse se passait parfaitement bien a même perdu son enfant à 7 mois suite à une série d’affectations aux équipes de nuit.

Pourtant, Gucci disposerait largement des moyens de rétribuer et de traiter son personnel d’une autre manière. Ses revenus sur le marché chinois ont augmenté de 35,6% lors du premier semestre de l’année. De plus, la marque désire accélérer sont expansion sur le continent chinois pour profiter de la folie de consommation des nouveaux riches.

Les ouvriers chinois, ces esclaves modernes

Ce qui frustre sans doute le plus les victimes de ces pratiques douteuses, c’est que la situation est locale. Un employé qui a, on le comprend, désiré rester anonyme, a ainsi pu constater lors de ses formations à l’étranger organisées par la société que ses collègues européens, japonais ou américains n’avaient à se plaindre de rien.

Alors, est-ce la conséquence d’une mauvaise gestion locale qui n’a rien à voir avec la politique globale du groupe ? On l’espère, mais ce n’est malheureusement pas si sûr, tant les rumeurs en la matière sont persistantes. Des accusations similaires avaient déjà été faites au mois d’août, avec promesses d’enquêtes internes et d’ajustements au niveau du management de la part des cadres de la société.

Sans oublier les révélations du Los Angeles Times en 2008, qui révélaient que des immigrants chinois étaient employés dans les usines italiennes de la marque… Pour des salaires de misère, et dans des conditions proches de l’esclavage… Depuis, les choses ont-elles changé ? Dans les magasins chinois, à vrai dire, il semble que les choses aient plutôt… empiré…

sina.com.cn

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