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Premier pays d’Amérique du Sud à légaliser l’avortement?

Argentine / / Amérique du sud

Un projet de loi soutenu par 50 députés sera bientôt entre les mains du Parlement afin d’offrir aux femmes la possibilité d’interrompre leur grossesse au cours des 12 premières semaines. Chaque année, on recense en Argentine plus de 500 000 avortements clandestins.

Première cause de mortalité maternelle du pays, l’avortement clandestin tue principalement les femmes les plus pauvres, celles qui n’ont pas les moyens de payer pour une IVG certes toujours illégale, mais pratiquée dans des conditions correctes.

Malgré l’interdiction, elles sont plus d’un demi-million à mettre fin à leur grossesse chaque année : une situation qui montre clairement l’inefficacité de la prohibition. Le caractère illégal de cette pratique fait courir de graves dangers physiques et psychologiques aux femmes argentines, accentuant notablement les inégalités et l’injustice sociale.

Sept projets différents

Dans ce contexte, plusieurs projets de loi ont vu le jour pour répondre aux attentes de la société, qui semble décidée à obtenir la dépénalisation de l’avortement d’une manière ou d’une autre.

Sur les sept projets de loi prétendant modifier le code pénal, cinq visent seulement à redéfinir les exceptions à l’interdiction, notamment en cas de risque pour la santé de la mère ou de viol sur personnes présentant des déficiences mentales. Mais ces modifications ne protégeraient en rien la santé des autres femmes et des adolescentes qui ont recours à l’avortement clandestin.

Deux projets plus ambitieux envisagent par contre une véritable loi en faveur de l’IVG, donnant à toutes les femmes la possibilité de décider seules si elles veulent interrompre leur grossesse au cours des 12 premières semaines. Cette proposition bénéficie déjà des signatures de 50 députés de tous partis, et suscite l’espoir des associations militant depuis des années pour que les avortements illégaux cessent de mettre en péril la vie des femmes les plus fragiles. Leur slogan :

Éducation sexuelle pour pouvoir décider, contraceptifs pour ne pas devoir avorter, accès à l’avortement légal pour ne pas mourir.

C’est une femme qui décidera

Si le projet est voté, sa promulgation sera entre les mains de la présidente Cristina Kirchner, qui pourra décider ou non d’appliquer son droit de veto. Cette dernière a déjà fait savoir qu’elle n’approuvait pas l’idée sur le plan personnel, mais beaucoup estiment qu’elle ne s’opposera pas à cette aspiration populaire. Depuis l’arrivée au pouvoir des Kirchner, l’Argentine a légalisé le mariage homosexuel et débat en ce moment même au parlement sur un projet sur l’euthanasie, au grand dam de l’église catholique.

Si le plus européen des pays latino-américains autorisait l’avortement, il s’agirait d’une petite révolution qui pourrait bien propager le débat à l’ensemble du continent, encore largement conservateur sur ce thème. À ce jour, les gouvernements de Cuba et du district fédéral de Mexico sont les deux seuls d’Amérique latine à avoir légalisé l’IVG.

lavoz.com.ar

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