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Le physique inca, ça ne paye pas

/ Amérique du sud

Ce n’est pas une brèche, mais un véritable fossé qui sépare les niveaux de revenus des travailleurs de type “andin” et “non andin”, avec un écart atteignant 53% en 2009. Une discrimination salariale qui trouve ses racines dans l’inégalité des chances à l’école.

Pour certaines entreprises, recruter du personnel ressemble de plus en plus à un casting. C’est la conclusion d’un rapport publié par un groupe de chercheurs de l’université du Pacifique, qui montre qu’au Pérou, la réussite sociale reste fortement liée à l’appartenance ethnique.

Pour mener à bien son étude intitulée “Discrimination sur le marché du travail de Lima : une analyse expérimentale”, Francisco Galarza a répondu à 2228 offres d’emploi couvrant une grande variété de secteurs (comptabilité, ingénierie, économie, métiers non qualifiés). Et à chaque fois, il envoyait un CV appartenant à une personne de type caucasien portant un nom d’origine étrangère, et un CV équivalent d’une personne possédant des traits andins très marqués et un patronyme autochtone.

Et contrairement aux idées reçues, ce sont les postes nécessitant du personnel non qualifié pour lesquels la discrimination a été la plus importante. La bonne surprise vient des métiers du secteur technique, pour lesquels aucune discrimination significative n’a été observée. Cependant, le chercheur note que pour les emplois non qualifiés, on assiste en plus à une discrimination importante des femmes.

Les salaires dépendent de la ruralité des candidats

De son côté, le professeur Gustavo Yamada a voulu comparer les revenus des personnes d’origine andine à ceux du reste de la population. L’écart constaté est considérable, puisque les membres des ethnies autochtones gagnaient en moyenne 53% de moins en 2009. Une différence qui s’expliquerait surtout par les inégalités d’accès à l’éducation, et par l’appartenance au milieu rural.

La pauvreté qui touche la plupart des communautés paysannes de la cordillère des Andes rend plus difficile le parcours scolaire des jeunes de ces régions. Mais le principal écueil, selon Gustavo Yamada, vient du fait que l’enseignement est systématiquement proposé en espagnol. La plupart des personnes d’origine quechua, aymara ou appartenant à l’une des nombreuses ethnies du Pérou pourraient pourtant apprendre de manière beaucoup plus efficace si les écoles offraient un enseignement bilingue.

La situation dans les entreprises

Auteur de l’étude “Discrimination en grandes, moyennes et petites entreprises“, Liuba Kogan s’est quant à lui intéressé à la fois au recrutement et au parcours de carrière en fonction de la taille des entreprises et a constaté de grandes disparités.

En général, les petites entreprises cherchent avant tout du personnel jeune, tandis que celles de taille moyenne s’intéressent à la réputation des écoles dont proviennent les candidats, à l’appartenance ethnique et au sexe, les femmes étant jugées peu productives une fois qu’elles fondent une famille.

La situation est différente dans les grandes entreprises, où l’on s’efforce en général de ne pas pratiquer de discrimination à l’embauche. Toutefois, celle-ci se manifeste clairement au cours de l’évolution de carrière, comme le souligne le chercheur :

Les promotions sont un sujet compliqué. Il semble que le mérite importe peu ; il suffit d’être un homme, blanc, de niveau socio-économique élevé, d’âge moyen et hétérosexuel.

elcomercio.pe

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