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Le labo à ciel ouvert des OGM finit par contaminer le miel

Mexique / / Amérique du nord

Les gènes modifiés se propagent plus vite que prévu aux espèces sauvages et les scientifiques tirent la sonnette d’alarme face à ce nouveau type de pollution. Les apiculteurs ont peur de ne plus pouvoir exporter leur miel, qui contient désormais du pollen OGM.

Champ de coton mexicain. Champ de coton mexicain à ciel ouvert. © ing jorge (Flickr.com)

Six chercheurs de l’Université nationale autonome de Mexico (UNAM) publient ce mois-ci un inquiétant rapport dans la revue américaine Molecular Ecology.

Leurs travaux portent sur les “flux transgéniques de grandes distances” au sein de l’espèce sauvage de cotonnier Gossypium hirsutum, originaire du Mexique. En clair, les scientifiques s’intéressent à la propagation des gènes de coton OGM chez les espèces sauvages, et ont démontré que ceux-ci s’étaient déjà transmis à des populations distantes de plusieurs milliers de kilomètres, au sein desquelles ils évoluent rapidement.

Il est encore impossible de prévoir les conséquences à long terme de ces migrations génétiques, mais les auteurs de l’étude ne cachent pas leur préoccupation. Ana Wegier, de l’Institut d’écologie de l’UNAM, déclare ainsi :

La diversité génétique des populations sauvages est très élevée, et celle des cultures est très faible. Le flux peut réduire cette diversité, mais nous ne savons pas quel impact cela peut avoir. Ce que nous constatons est le résultat de 15 ans d’autorisation des cultures OGM.

Les premières cultures expérimentales de coton OGM au Mexique datent en effet de 1996, et le contexte biologique du pays n’a pas été pris en compte, alors que cette plante y est cultivée depuis au moins 7000 ans. Aujourd’hui, la surface de coton OGM dépasse les 100 000 hectares et l’utilisation des graines pour la production d’huile ou comme aliment pour le bétail a contribué à leur propagation à travers tout le pays.

Tous les continents sont concernés

Les six auteurs du rapport ont étudié des variétés sauvages de graines de coton provenant non seulement du Mexique, mais aussi de deux États américains, d’Argentine, du Brésil, d’Inde et d’Égypte. Sur les 270 échantillons analysés, 66 comportaient des gènes modifiés. Tout porte à croire que le phénomène de pollution génétique qui a déjà eu lieu avec les espèces de maïs autochtone est en train de se répéter avec d’autres plantes.

Une bien mauvaise nouvelle pour les 45 000 apiculteurs du Mexique, qui exportent l’essentiel de leur production vers l’Europe, les États-Unis et le Canada. La cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient en effet de déclarer que toute commercialisation de miel contenant du pollen issu d’OGM serait désormais soumise à autorisation. De quoi inquiéter les 16 000 apiculteurs de l’État du Yucatan, où 30 000 hectares de soja OGM sont cultivés à échelle expérimentale par le célèbre semencier Monsanto.

La tendance semble même s’accélérer, puisque le gouvernement mexicain vient d’autoriser 67 plantations expérimentales de maïs OGM, et douze de blé. Pablo Duarte, de l’Union nationale des Organisations régionales paysannes autonomes, réclame donc :

Les OGM vont contaminer toutes les variétés que nous possédons, et nous dépendrons alors des graines des multinationales […] Si nous perdons nos graines autochtones, nous n’aurons plus de quoi semer. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement qu’il mette un terme aux cultures de maïs et de soja OGM.

 

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