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Sacrifier Bangkok pour sauver les campagnes

Thaïlande / / Asie

La capitale s’est isolée derrière des digues sans cesse renforcées. Mais elle bloquait ainsi l’évacuation des eaux qui ravagent les campagnes environnantes. Les choix se réduisant de jour en jour, Yingluck Shinawatra, arrivée au pouvoir grâce aux voix des ruraux, ne pouvait plus tergiverser : l’inondation de Bangkok était devenue inévitable…

La situation politique est épineuse pour la nouvelle Première ministre. Mais la situation dans les provinces du nord de Bangkok l’est plus encore. Avec l’eau qui stagne, les maladies arrivent, les alligators et les serpents vénéneux sont dans les ruelles, le peuple n’en peut plus. Et les rumeurs de sabotages des digues de sable qui protégeaient la capitale se sont faites plus insistantes à l’approche du week-end. Dans ces conditions, il n’était plus possible de retarder une décision qui s’imposait : il fallait que l’eau passe par Bangkok pour se déverser dans le golfe de Thaïlande.

A vrai dire, l’eau était déjà arrivée dans plusieurs quartiers de la métropole. La pression était trop forte pour les digues dans le quartier le plus au nord de la capitale, Don Muang (cf. carte animée des quartiers inondés de Bangkok), et près d’un mètre d’eau couvre les rues du quartier à certains endroits. Mais le pire reste à venir car les hauts coefficients de marée qui arrivent en fin de semaine devraient ralentir le rythme d’écoulement dans l’océan.

La crainte de renforcer l’armée avec l’état d’urgence

Mauvaise nouvelle pour Yingluck Shinawatra qui vit un baptême du feu mouvementé. En effet, si on pouvait espérer une grande réconciliation nationale dans la difficulté venue des caprices de la nature, ce n’est pas pour cette fois. Les rivalités entre Yingluck et l’administration de Bangkok contrôlée par le parti d’opposition sont déjà un problème.

De plus, les doutes du pouvoir civil envers l’armée sont un frein à plus d’engagement des militaires. Les représentants des chemises rouges ont déjà accusé l’armée d’en faire le moins possible afin d’affaiblir la Première ministre, sœur de Thaksin Shinawatra, l’ennemi juré des généraux… Les militaires réclament l’état d’urgence qui leur donnerait plus de latitudes pour aider les victimes des eaux. Mais Yingluck rechigne, craignant qu’ils profitent de cet état d’urgence pour fomenter un nouveau coup d’état dont ils ont malheureusement l’habitude…

L’océan, c’est par là…

Yingluck semble donc avoir décidé que le mieux était d’ouvrir les vannes pour que l’eau s’écoule par Bangkok. C’est ce que réclamaient pendant plusieurs jours les victimes des provinces pauvres situées au nord de la capitale. Mais l’administration a longtemps rechigné et s’est acharnée à élever et renforcer sans arrêt ses digues avec des sacs de sable. Yingluck a donc choisi de sacrifier certains quartiers de Bangkok, tout en assurant le maintien des artères de transport principales, du métro, et des quartiers du pouvoir.

Un choix difficile s’annonce pour déterminer le chemin que devront prendre les eaux pour se jeter dans la mer et ainsi libérer les campagnes d’eaux stagnantes qui pourraient déclencher des épidémies. La décision semble cependant indispensable du fait aussi que si elle n’est pas prise, les digues lâcheront à un moment ou à un autre. Mieux vaut donc organiser l’écoulement des eaux en planifiant le parcours qu’elles suivront que de se livrer au hasard des digues qui rompront en premier…

Souhaitons aux habitants de la “ville des anges”, à qui Yingluck a demandé de placer leurs biens et voitures en hauteur, que ces inondations passent sans apporter mort et désolation…

 

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