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Victoire des Indiens d’Amazonie et fin du conflit

Bolivie / / Amérique du sud

Après 600 km de marche, parcourus en 65 jours, les habitants du parc national TIPNIS ont atteint la capitale et obligé le président à décréter une loi interdisant le passage d’une route à travers leur territoire.

Evo Morales a finalement cédé à l’ensemble des revendications des opposants au projet de route traversant la forêt amazonienne, en promulguant une loi votée dans l’urgence par le parlement. Une victoire rendue possible par la persévérance de près de 2000 Indiens, qui ont bravé le froid, les intempéries et le mal des montagnes pendant plus de deux mois pour exiger la préservation de leur environnement.

Pour ces habitants de l’Amazonie, habitués à des températures plus clémentes, franchir les cols situés à plus de 4000 mètres d’altitude qui gardent l’accès de La Paz a été un véritable calvaire. Cette épreuve difficile leur a néanmoins permis de gagner le cœur des Boliviens, qui leur ont réservé un accueil triomphal dans la capitale.

L’erreur principale de l’administration d’Evo Morales, qui s’est refusé à dialoguer jusqu’au dernier moment, a été d’ordonner un assaut policier contre les manifestants, dont la brutalité a retourné l’opinion contre le gouvernement, obligeant plusieurs de ses membres à démissionner.

Frein économique?

Devenu trop impopulaire, le projet de route financé par le Brésil, visant à désenclaver deux départements boliviens du centre du pays a finalement été suspendu, et le Territoire Indigène du Parc National Isiboro Sécure (TIPNIS) déclaré “zone intouchable”. Evo Morales déplore l’abandon de cette initiative qu’il jugeait cruciale pour le développement de ces régions isolées :

200 organisations ont réclamé la construction de cette route […], l’histoire dira que le président et les ministres sont coupables, mais nous accomplissons notre devoir, nous répondons à votre demande et nous espérons que cette loi contribuera vraiment à faire respecter le TIPNIS.

De son côté, Fernando Vargas, l’un des leaders de la marche de protestation, a remercié le président d’avoir épargné le “cœur du parc national” et a fait part de son désir de mettre fin au conflit plus large qui oppose l’Orient bolivien (l’Amazonie), à l’Occident (les Andes). Une allusion aux requêtes des cocaleros (les cultivateurs de coca), dont Evo Morales dirige toujours le syndicat, qui comptaient parmi les partisans du nouvel axe routier.

Difficile à présent de savoir quel sera l’impact de ce dénouement sur l’image du chef de l’État bolivien, déjà mise à mal lors de la violente tentative de dispersion de la marche par la police. C’est la deuxième fois en moins d’un an qu’Evo Morales doit reculer face à la pression populaire, comme ce fut le cas en décembre dernier après une tentative d’augmentation du prix des carburants.

 

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