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Premiers signes de radicalisation à Occupy Oakland

/ Amérique du nord

Alors que la neige a refroidi les manifestants anti-Wall Street de Zuccoti Park fin octobre, ceux de la côte Ouest des États-Unis ont connu un coup de chaud lors du premier week-end de novembre. Après le blocage du port d’Oakland, des émeutes ont embrasé le centre-ville de la cité californienne.

Bandanas, jets de projectiles divers et de cocktails molotov… Un véritable chaos urbain ! La nuit du mercredi 2 novembre dans la baie de San Francisco, le mouvement Occupy Wall Street (OWS) a connu ses premiers éclats de violence. Des douzaines de manifestants, que l’on soupçonne proches de groupuscules anarchistes, ont monté une barricade et affronté la police pendant plusieurs heures. Bilan de la soirée : plus de 80 arrestations et une dizaine de blessés.

Tout commence à 22h30,  près de la place Frank H. Ogawa – camp de base de Occupy Oakland, lorsqu’un groupe d’individus s’introduit dans un bâtiment inoccupé de la 16ème rue. Plus de 200 officiers de police arrivent en renfort, essuient les premiers jets d’objets, et répliquent à coups de grenades flash et lacrymogènes… A l’écart de la bataille rangée, un militaire de 32 ans qui a servi en Irak et en Afghanistan est gravement touché à la rate. Kayyan Sabehgi dit ne pas avoir pris part aux affrontements, mais assure avoir été la victime d’un lynchage par les forces de l’ordre.

Deux vétérans  gravement blessés

C’est peut-être la blessure d’un autre vétéran de guerre qui a commencé à échauffer les esprits. Mercredi 25 octobre, Scott Olsen, 23 ans, s’écroule devant les caméras amateurs, touché par un projectile de la police. Fracture du crâne. Le jeune militaire s’en sortira certes, mais l’évènement est loin de passer inaperçu. A l’image des arrestations abusives voire brutales ou de l’invasion du pont de Brooklyn il y a quelques semaines.

Pourtant, comme le souhaite OWS depuis le 17 septembre, les intentions se voulaient pacifiques. Le thème de cette journée de protestation du 2 novembre : “grève générale”. Une directive qui n’est pas tombée dans l’oreille de sourds à Oakland, où 7000 “Indignés” américains ont réussi le tour de force de bloquer le 5ème port le plus important du pays. En arrêtant les activités portuaires – des imports-exports essentiellement avec l’Asie – pendant 5 heures, l’objectif d’interrompre, même provisoirement, “le flux de capitaux” était atteint.

Garder le cap

Mais au lendemain des premières violences, OWS s’efforce de redresser la barre. Des dizaines de personnes se portent volontaires pour nettoyer les dégâts, et les organisateurs d’Occupy Oakland de s’empresser de se dégager de toute responsabilité. Dans un communiqué, ils regrettent l’action d’un “groupe autonome qui a cassé des vitres et écrit des graffiti.” Dont le très direct “Death to Capitalism”, affiché également en grand et en noir sur une banderole d’un groupe de Blacks Blocs, et annonciateur des troubles à venir.

Dans cette autre bataille, celle de la communication, OWS a dévoilé une nouvelle carte ce week-end. Un spot publicitaire de 30 secondes a ainsi été diffusé sur plusieurs grandes chaînes de télévision américaines, dont la très conservatrice Fox News. A l’écran jusqu’à ce lundi 7 novembre, un montage des revendications des manifestants réalisé par David Sauvage. Le tout pour 6278 dollars [4550 euros]… Le financement provient d’une levée de fonds sur le site de marketing social LoudSauce. Au final, à Occupy Wall Street, même si les “trouble-paix” ne sont jamais simples à gérer, on sait toujours aussi bien s’organiser, et se débrouiller !

Suivez notre dossier sur le Mouvement des Indignés :

Dossier "Indignés". © Abode of Chaos (Flickr.com) Green et Vert vous propose une chronique du mouvement Occupy Wall Street, inspiré des révolutions arabes de début 2011 et des “Indignés” espagnols. Parti de New York le 17 septembre, le mouvement s’est étendu sur l’ensemble du territoire américain, puis au monde entier le 15 octobre. Retrouvez aussi les analyses de nos experts en finance et en géopolitique, Benoît Forin et Marc Finaud.

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