Faut-il créer une instance mondiale de régulation de la finance?
Benoît Forin est économiste, formateur international à la Banque de France. Il s’exprime ici à titre personnel.
La régulation de la sphère financière à l’échelle mondiale figure depuis plusieurs années sur l’agenda du G20. Les éléments fondamentaux d’un système de maîtrise des comportements financiers se mettent peu à peu en place. Doivent-ils déboucher sur la création d’un “gendarme financier planétaire”?
Le déclenchement de la crise financière mondiale a mis son comble aux soupçons qui pèsent depuis plusieurs années, dans une partie du public, sur le monde financier. Celui-ci a été tour à tour taxé d’incompétence, de prise de risques inconsidérés ou au contraire de frilosité excessive, de rapacité, de complaisance vis-à-vis de certaines sources de fonds parfois douteuses, et de pratiques acrobatiques que la crise des « subprimes » a mises en évidence.
Le retour d’attitudes euphoriques des banques en matière de distribution de « bonus » à leurs opérateurs de marchés et de dividendes à leurs actionnaires n’a rien fait pour améliorer la réputation d’établissements à peine renfloués d’extrême urgence par leurs États respectifs, et dont les titres de dette sont maintenant visées par la spéculation.
Est-il alors devenu nécessaire d’instituer un organisme international pour assurer la « police de la finance », mettre fin à certains comportements abusifs et « rappeler à l’ordre » financier international tout participant au système qui ne jouerait pas loyalement le jeu ?
La réponse ne va pas de soi. En effet, l’« ordre financier international » est difficile à définir, les comportements abusifs malaisés à identifier, et la création d’une organisation internationale ne suffira pas nécessairement à rétablir la situation.





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