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Le projet Yasuni, victime de la crise?

Equateur / / Amérique du sud

Plus qu’un mois pour réunir les 100 millions de dollars qui empêcheront l’exploitation du pétrole dans un sanctuaire de la biodiversité amazonienne. D’abord unanimement saluée par la communauté internationale, l’initiative est en passe d’être abandonnée faute de soutiens.

Malgré les déceptions qui ont jalonné les avancées du projet Yasuni, la responsable de l’initiative, Ivonne Baki, veut encore y croire et préfère voir le verre à moitié plein :

Nous avons déjà réuni 70 millions. Toutes les sommes n’ont pas encore été versées sur le compte, mais des engagements ont été pris.

L’Italie représente pour l’instant le contributeur le plus important, avec une participation de 50 millions de dollars, sous forme d’annulation de dette. Les 20 millions de dollars restants proviennent d’autres pays, de la société civile, ou du secteur entrepreneurial.

Le ministère des Affaires étrangères équatorien signale de son côté que le mouvement écologiste russe Terra Viva s’est associé à l’Union internationale des organisations philanthropiques pour remettre à l’ambassadeur d’Équateur à Moscou un chèque symbolique de 100 000 dollars visant à encourager l’initiative Yasuni.

Le parc national Yasuni est constitué de plus de 900 000 hectares de forêt tropicale amazonienne. Il est considéré comme l’un des plus grands réservoirs de biodiversité de la planète. Il s’agit toutefois d’un milieu extrêmement fragile, que des activités invasives telles que l’exploitation pétrolière pourraient bientôt mettre en péril.

Car le sous-sol du parc Yasuni abrite plus de 800 millions de barils de pétrole : une manne financière gigantesque pour un petit pays comme l’Équateur, qui a bien du mal à résister à la pression des lobbys pétroliers.

Le président Rafael Correa propose pourtant de renoncer à l’exploitation de ces richesses, à condition que les pays riches s’engagent à dédommager l’Équateur en lui versant 3,6 milliards de dollars au cours des 12 prochaines années, soit la moitié du manque à gagner.

Rafael Correa confirmera l’engagement de son pays s’il réussit à réunir au moins 100 millions de dollars avant le mois de décembre.

Mais l’enthousiasme initial affiché par certains pays comme l’Espagne ou l’Allemagne a cédé la place au scepticisme au fil des mois. La crise financière a achevé de faire fuir les soutiens financiers potentiels.

Comme bien d’autres causes environnementales, le projet Yasuni risque fort de passer à la trappe, victime des problèmes économiques qui monopolisent désormais l’attention des pays du Nord.

 

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