Source inépuisable sur le développement durable

Green et vert

Histoire d’un bois bien trop précieux

Panama / / Amérique centrale

Ses veines superbes, sa couleur rouge sombre et ses qualités acoustiques exceptionnelles font du cocobolo l’un des bois les plus recherchés de la planète. Les contrôles s’intensifient pour lutter contre le trafic illégal et préserver cette espèce menacée par la surexploitation.

C’est le son unique des instruments fabriqués à partir du cocobolo qui a conduit plusieurs musiciens de renom à recourir à ce bois magnifique, tel Jerry Garcia, le défunt guitariste des Grateful Dead. Mais les luthiers ne sont pas les seuls à rechercher ce matériau d’exception, et l’on assiste à une véritable explosion de la demande, notamment sur les marchés asiatiques. Un phénomène qui se traduit par une forte augmentation des coupes et des exportations illégales.

Pour mettre fin au pillage des forêts tropicales, les autorités panaméennes ont récemment sollicité l’inscription du cocobolo à l’annexe III de la CITES, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Cette liste recense les espèces protégées pour lesquelles un gouvernement demande une coopération au niveau international, afin d’en empêcher l’exploitation illégale ou non durable. Concrètement, cette mesure obligera les exportateurs de cocobolo à solliciter un permis auprès des représentants locaux de la CITES, pour certifier l’origine du bois.

Excellence

Le terme cocobolo désigne en fait deux espèces proches, dalbergia retusa et dalbergia darienense, poussant dans les forêts tropicales sèches, du Mexique jusqu’au Panama. Il faut près de 100 ans à cet arbre pour atteindre sa maturité : son bois est si dense qu’il ne flotte  pas et permet de fabriquer des objets de grande qualité.

Il sert principalement pour des coffrets à bijoux, des manches de couteau, des crosses d’armes, des queues de billard ou encore des pièces de jeu d’échecs. La clarté unique du son qu’il produit lorsqu’il est frappé permet également de fabriquer des xylophones et d’autres instruments de musique.

Inflation

Au Panama, la plus grande partie du cocobolo exporté est destinée à la fabrication de meubles en Chine et dans d’autres pays d’Orient. Les faibles volumes produits et l’accroissement constant de la demande ont conduit à une forte augmentation du prix de ce bois, et malgré la sévérité des sanctions, la falsification de certificats reste fréquente.

Pour compléter son dispositif de lutte contre l’exportation illégale, le Panama compte désormais effectuer un recensement des populations de cocobolo, afin de déterminer avec précision où se situent les forêts les plus menacées.

 

Réagissez à cet article !

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Derniers commentaires