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Les autorités environnementales mises sur la défensive par un milliardaire

Chine / / Asie

Pan Shiyi, président fondateur du géant de l’immobilier SOHO, a publié les chiffres de la pollution de l’air selon l’ambassade des USA à Pékin. Ses 7 millions de followers sur le Twitter local ont pu constater le gouffre entre les chiffres américains et ceux du bureau officiel de la pollution.

L’ambassade des États-Unis à Pékin publie depuis longtemps ses propres chiffres de la pollution de l’air dans la capitale. Mais les diplomates ont la délicatesse de le faire sur Twitter, un outil coupé par le “Great Firewall of China”. Ces chiffres restent donc inconnus pour la plupart des citadins, qui doivent se contenter des données très optimistes du bureau de contrôle de la pollution local. Celui-ci affiche régulièrement des résultats satisfaisants même les jours où on ne voit pas à 500 mètres dans un nuage gris de gaz d’échappement.

C’est un Chinois, qui en plus est un modèle de réussite adulé par nombre de ses compatriotes, qui s’est chargé de faire passer l’information sur le site de microblogging chinois Weibo. Ses 7 millions de followers ont pu constater le gouffre entre les données officielles et américaines. Régulièrement alors que le bureau de contrôle de la pollution affiche “pollution mineure”, l’ambassade américaine parle de “niveau de pollution dangereux”.

La vague de mécontentement s’est propagée à une vitesse phénoménale et le ministère de l’Environnement est mis sur la défensive. Les autorités verdissent-elles le tableau de manière consciente et volontaire ? Est-ce l’ambassade américaine qui exagère le niveau de pollution pour des raisons politiques ? Peu de Chinois envisagent la seconde alternative.

L’opinion publique s’inquiète

Hua Lei, responsable du bureau de contrôle de la pollution, s’est exprimé dans la presse pour rassurer. Il n’y aurait pas de volonté de cacher la vérité au public. Il s’agirait simplement d’une différence entre les deux pays dans les standards adoptés pour mesurer le niveau de pollution. Il a même annoncé que les stations de contrôle seraient ouvertes au public pour constater que les chiffres publiés sont simplement ceux issus de mesures objectives.

Cela ne suffit pas à rassurer complètement. Et confirme l’importance de la réévaluation des standards de  mesure de la pollution annoncée récemment. En effet, selon M. Hua, l’ambassade américaine calcule ses estimations de niveau de la pollution en prenant en compte les microparticules d’un diamètre allant jusqu’à 2,5 micromètres, alors que les normes chinoises ne prennent en compte que les particules d’un diamètre de 10 micromètres. Or ce sont les plus petites particules qui sont les plus dangereuses pour la santé. Les standards américains semblent donc beaucoup plus pertinents que les références chinoises.

L’initiative de Pan Shiyi est sans doute avant tout intéressée. En effet, son empire immobilier est centré sur Pékin et la qualité de vie dans la capitale est pour lui un facteur essentiel de succès. Mais la campagne qui a suivi et la réaction rapide des autorités environnementales vont inquiéter en plus haut lieu et prouver une fois de plus que la nouvelle génération de Chinois qui n’a pas connu les horreurs de la Révolution Culturelle est prête à faire entendre son opinion.

 

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