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Fuite de pétrole dans la baie de Campos, une alerte à prendre très au sérieux

Brésil / / Amérique du sud

Adriano Pires, directeur du CBIE (Centre Brésilien d’Infrastructure) analyse la récente fuite de pétrole dans la baie de Campos, rendue publique par les autorités la semaine dernière. Chevron, qui exploite la plateforme d’où provient la fuite, affirme qu’elle a été provoquée par une fracture du processus de stabilisation du puits, ayant laissé s’échapper du pétrole à travers une faille géologique.

Le forage se situe à 370 km de la côte de Rio de Janeiro, et possède des réserves estimées entre 200 et 300 millions de barils de pétrole lourd. Il produit actuellement près de 70 000 barils/jour, pas encore au niveau de son pic de production estimé à 90 000 barils. Chevron estime que le volume de pétrole ayant fui est de l’ordre de 400 à 650 barils, mais des sources non officielles estiment qu’au moins 15 000 barils se seraient déversés en mer.

La fuite de pétrole dans la baie de Campos peut servir d’alerte à de futurs problèmes de ce genre, puisque la quasi totalité de la production de pétrole au Brésil se trouve offshore, et que son expansion se fera par des perforations toujours plus profondes de la couche nommée “pré-sel”.

C’est pourquoi le gouvernement brésilien devrait adapter sa législation et structurer les organes gouvernementaux responsables du contrôle et de la régulation de la question environnementale, afin de prendre en compte des risques nouveaux et croissants, inciter les investissements préventifs et punir les entreprises irresponsables.

Aujourd’hui, la loi sur la prévention et le contrôle de la pollution causée par le rejet de pétrole et d’autres substances nocives ou dangereuses dans la mer, établit des amendes de 7000 à 50 millions de R$ [3000 à 20 millions d’euros]. Ces montants semblent faibles lorsque l’on considère les dommages potentiels de grandes fuites sur l’environnement.

Puiser toujours plus loin et plus profond

L’exploitation de pétrole comporte un risque environnemental élevé et, au Brésil, cette question n’a jamais été traitée avec transparence. Même s’ils ne sont pas toujours rendus publics, plus de 20 accidents sur des plateformes de pétrole sont recensés chaque année. Et ce nombre a augmenté ces derniers temps, résultat de l’extension de l’exploitation et d’un risque opérationnel rendu plus élevé par la grande complexité du processus, dans des eaux toujours plus profondes et distantes de la côte.

Par sa politique de subvention du prix de l’essence et du diesel, le gouvernement incite systématiquement, de façon erronée, la consommation de combustibles fossiles qui sont chers et polluants, au détriment des biocombustibles renouvelables, que le Brésil peut produire avec de grands avantages.

Le Brésil possède un caléidoscope de sources énergétiques qu’il ne peut pas ne pas exploiter. Pour cela, il faut des politiques publiques qui ne commettent pas l’erreur de choisir une seule énergie comme solution mais des politiques qui créent les conditions économiques permettant au consommateur de faire le meilleur choix possible.

socioambiental.org

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