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Les communautés indigènes, championnes de l’écotourisme

Mexique / / Amérique du nord

Avec 350 projets écotouristiques répartis sur l’ensemble du territoire, les communautés indigènes gèrent près de 20% du secteur. Une manière de lutter contre la pauvreté, mais aussi de préserver leurs langues, leurs traditions et leur environnement.

L’histoire du parc écologique La Gran Palapa Chiahuac Zacacalli commence il y a 12 ans, lorsque huit femmes et sept hommes du peuple nahua décident de mettre à profit leurs connaissances médicinales et culturelles. Voyant que le travail de la terre ne suffit plus à boucler les fins de mois et que leurs forêts reculent inexorablement, ils se lancent alors dans l’aventure de l’écotourisme, pour faire découvrir aux visiteurs les traditions et l’environnement que leur peuple a su préserver au fil des siècles.

À la Gran Palapa, les touristes sont accueillis par l’un des membres fondateurs ou par un guide qui les initie à la culture nahua, à travers la visite de vestiges archéologiques comme les teocholes. Ces autels de pierre pré-hispaniques servaient à rendre hommage au maïs, au cours d’une cérémonie qui avait lieu le 21 mars de chaque année, soit au début du printemps.

Ruines au Mexique.

Ruines d'un ancien temazcal dans l'Etat de Guerrero. © Mierdamian Rondana (Flickr.com)

Les voyageurs fatigués peuvent également se délasser dans les temazcals, sortes de saunas traditionnels où l’eau servant à produire la vapeur est mélangée à des plantes aromatiques ou médicinales. L’entrée du parc coûte un euro à peine [20 pesos], et il est possible de venir camper dans la forêt nahua pour moins de 4 euros [70 pesos].

350 projets

Et La Gran Palapa Chiahuac Zacacalli n’est qu’un parc parmi d’autres. Le Mexique compte aujourd’hui 350 projets écotouristiques entièrement administrés par des communautés autochtones, soit 20% de l’ensemble des activités du secteur. Cette réussite est le fruit d’une politique d’aide à la création gérée par la Commission nationale pour le développement des peuples indigènes (CDI), qui finance la formation, le développement et la promotion des ces initiatives.

La volonté du gouvernement s’explique par l’extrême diversité sociale du pays : le Mexique compte en effet 62 peuples autochtones, parlant 68 langues différentes et 360 dialectes, et l’écotourisme est perçu comme un moyen de lutter contre la pauvreté de ces communautés indigènes.

Dilemme économique

Malgré le chemin parcouru, le plus dur reste à faire puisqu’à l’heure actuelle plus de 80% des 7 millions de Mexicains parlant une langue indigène vivent dans la pauvreté. Une situation qui conduit ces populations à abandonner leurs terres et à migrer massivement vers les grandes villes du pays, voire parfois vers les États-Unis.

Si l’écotourisme aide une partie d’entre eux à améliorer leur quotidien, il ne représente généralement qu’un complément. Liliana Rodríguez, l’une des guides de la Gran Palapa Chiahuac Zacacalli, explique que pour l’instant, même les fondateurs du projet ne peuvent se consacrer à plein temps à cette activité et ont dû conserver leur ancien emploi pour s’en sortir.

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