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L’archipel doit-il miser sur le nucléaire?

Cap-Vert / / Afrique

Ce point de vue pour le moins à contre-courant est celui de Rui Amante da Rosa, qui fut à l’origine de l’Institut national de l’énergie puis responsable du réseau électrique national, et qui est aujourd’hui un entrepreneur du secteur des énergies “amies” de l’environnement. Il s’en explique dans un long entretien. Extraits.

Panorama de l’énergie

Le  Cap Vert a commencé dès 1977/78 des études pour produire de l’énergie éolienne et solaire, financées par les Pays-Bas, le Danemark et d’autres pays. L’archipel démontrait alors que le Cap Vert possédait d’excellentes conditions pour l’exploitation des énergies renouvelables. Grâce aux éoliennes, Electra (ex-compagnie nationale d’électricité) a économisé beaucoup d’argent en combustibles par an. Mais, malgré ces économies, les énergies renouvelables sont à nouveau tombées dans l’oubli. En manque de pièces de rechange pour les réparations, les installations ont peu à peu été arrêtées.

Avec la privatisation d’Electra, EDP, l’actionnaire majoritaire, s’est révélé plus intéressé par la production d’énergie conventionnelle que renouvelable. De nombreux projets ont été lancés, comme celui d’alimenter 12 000 maisons avec l’énergie photovoltaïque. Mais aucun n’a abouti, malgré des années d’études et de fortes sommes dépensées. A partir de 2007, il y a eu un retour aux énergies renouvelables, grâce aux subventions accordées par l’Union Européenne. Mais les coûts des équipements étaient trop élevés et le pays ne pouvait les supporter.

Rui Amante da Rosa.

Rui Amante da Rosa. © Quim Macedo

Les politiques récentes de retour aux énergies renouvelables sont critiquables en raison de leurs coûts. En effet, Electra paie l’énergie solaire 30 US$/KWh, l’éolienne 17 US$/KWh alors que produire de l’électricité avec du fuel lui coûte de 14 à 15 US$/kWh.

Dans les petites îles, Electra continue d’utiliser le gasoil, qui a un coût élevé, pour produire de l’électricité, alors que ces îles sont idéales pour tenter le pari des énergies renouvelables. Cependant, les investissements sont élevés et les subventions données par l’Union Européenne sont terminées. La crise mondiale a eu raison d’elles. A partir de maintenant, chacun va devoir pédaler avec ses propres pieds.

Le Cap Vert n’exporte rien, ne produit rien. L’archipel africain est centré sur le tourisme, mais ses revenus sont insuffisants. Le Cap Vert a reçu 700 000 touristes l’an dernier pendant que les îles Canaries en recevaient 12 millions. Le problème, c’est que le touriste ne revient pas parce que les conditions ne sont pas satisfaisantes. Or un bon touriste, c’est celui qui revient.

Le nucléaire offre des garanties

Le Cap Vert doit trouver une énergie qui lui assure une fourniture stable. Quand il y a un problème au niveau international, c’est le transport maritime qui est atteint en premier, et donc les îles. D’ailleurs, en ce moment, il n’y a pratiquement pas de navires pour le Cap Vert. Cinq bateaux étaient habituellement accueillis chaque mois, contre un ou deux aujourd’hui. Ceci provoque un goulot d’étranglement énorme dans la fourniture des aliments.

Concernant le recyclage, la population du Cap Vert serait trop “faible” pour rentabiliser une usine. Et encore moins pour exporter une production recyclée peu compétitive. Le Cap Vert ne peut compter que sur un seul produit d’exportation : le poisson. Il faut se dédier à la pêche, mais pour cela il faut investir.

Enfin, je crois que l’énergie nucléaire est la moins chère à produire. Pour le Cap Vert, il suffirait d’une centrale de 100 MW, qui ne génère pratiquement pas de résidus. Nous devons nous préparer pour le futur, et le futur sera l’énergie nucléaire.

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