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Une crise de la microfinance?

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Plus d’un an après l’instauration d’un texte qui régule le secteur dans l’Andhra Pradesh, les sociétés spécialisées indiennes multiplient les annonces de pertes colossales. Si certains s’inquiètent pour l’avenir du secteur, l’administration refuse de s’apitoyer et rappelle que la cause de la crise, c’est les pratiques douteuses de toute une filière.

En octobre 2010, le gouvernement de l’État d’Andhra Pradesh légiférait pour encadrer les activités des sociétés de microcrédit. Il réagissait ainsi à chaud à plusieurs dizaines de suicides de clients surendettés et poussés à bout par des pratiques de recouvrement inhumaines.

Un règlement qui aura été d’une inefficacité inattendue, car les pertes des sociétés de microcrédit n’auront jamais été aussi importantes. Le leader du secteur, SKS, a annoncé courant novembre 2011 qu’il se préparait à passer en perte la totalité de son portefeuille dans l’État. Ce n’est pas le seul, puisque selon un rapport référence, 96% des actifs des sociétés basées en Andhra Pradesh sont considérés comme non performants.

C’est donc une crise de la microfinance qui plane, et ses acteurs principaux réclament des mesures sous peine pour beaucoup de devoir mettre la clé sous la porte. Une loi de régulation nationale promise depuis longtemps pourrait permettre d’améliorer la situation en gommant les mesures les plus extrêmes de la réglementation locale. Mais le projet de loi est ralenti par les objections du ministère du Développement rural et la longueur du processus législatif.

Réguler ou pas?

Reddy Subrahmaniam.

Reddy Subrahmaniam.

C’est que le ministère du Développement rural se satisfait entièrement de la situation actuelle. Reddy Subrahmaniam, premier secrétaire du ministère, était aussi l’un des principaux rédacteurs de la régulation en Andhra Pradesh. Ce dernier ne regrette rien, et parle d’habitudes qui peuvent et doivent changer :

Le cœur du problème, c’est le fonctionnement de ces sociétés. Leur modèle, qui n’a pas changé en dehors de l’Andhra Pradesh, est le suivant : prêter sans considération de ce que l’emprunteur fait avec l’argent, puis recouvrer sans considération de la capacité de l’emprunteur à rembourser. Prenez l’exemple inverse de Stree Nidhi Bank (une coopérative de crédit formée par des femmes). Cette structure a un taux de remboursement de 100%. Comme quoi c’est possible.

Si le ministère du Développement rural maintient le cap et refuse de céder, la crise de la microfinance en Inde risque donc d’aboutir à deux résultats possibles : soit la réduction drastique de l’envergure de cet outil d’inclusion financière, soit un changement vers des pratiques plus responsables envers les emprunteurs. Gageons que Reddy Subrahmaniam et consorts se battront pour arriver au second résultat.

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